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Barnabooth chez Valery Larbaud","","Étude d’un texte poly-générique identifié comme le journal de voyage intime, en l’occurrence A.O. Barnabooth de Valery Larbaud (1913). Le propos examine les contraintes formelles et les modalités d’écriture, ainsi que la place des simulacres dans l’inflexion du « moi », en lien avec l’éthique et la richesse. 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Barnabooth. Son journal intime de Valery Larbaud, qui paraît en 1913 aux éditions de la Nouvelle Revue Française, quant aux contraintes qui le régissent et aux modalités qui le sous-tendent. Nous y interrogerons le rôle dévolu aux simulacres qui infléchissent l’écriture du moi et les démêlés de l’auteur avec l’éthique et la richesse.\nUn ensemble poly-générique\nGérard Genette a eu le mérite de revisiter la querelle du Cid sous l’angle d’un devoir (obligation et probabilité) qui étayait tant le principe de bienséance (devoir éthique) que celui de vraisemblance (devoir logique) et de lui opposer « l’extravagant » revendiqué par Corneille, l’extra-vagant dont l’étymologie  extra et vagans, de vagari « errer », nous fait remonter au droit canonique renvoyant à des textes non incorporés dans les recueils officiels (Décrétales extravagantes de Jean XII) pour ne prendre le sens d’« extraordinaire » ou de « déraisonnable » qu’à partir du 16ième siècle. Le journal de voyage intime semble ainsi cumuler l’arbitraire, l’extra-vagance des deux genres dont il forme l’hybride, voire participe d’une double légitimité en matière de violation de la doxa littéraire et morale.\nDepuis les confessions jusqu’aux avatars exhibitionnistes de l’autofiction, l’écriture de l’intime se caractérise par un droit à l’impudeur, au déshonneur (manque de rectitude), mais aussi à la licence ou à la divagation (manque de fiabilité), malgré toute velléité de pacte qui scellerait sa sincérité : la « plénitude d’iniquité » de saint Augustin, les « defauts » et « imperfections » de Montaigne, son vagabondage : « Je m’esgare : mais plustost par licence, que par mesgarde.  […] mon stile, et mon esprit, vont vagabondant de mesmes » ; ou encore la franchise de Rousseau : «  J’ai dit le bien et le mal avec la même franchise. […] Ce n’est pas ce qui est criminel qui coûte le plus à dire, c’est ce qui est ridicule et honteux. »\nLe voyage a, quant à lui, toujours été proscrit comme source de dispersion, de dégradation morale, bref d’égarement, et son récit jugé frivole, inutile, dangereux. Le voyage semble dès lors porter en lui le germe de la dissidence : dans son Journal de voyage en Italie Montaigne, en grand sceptique, revendique l’errance : il n’a « nul project que de se promener par des lieux inconnus. » Le voyage moderne dépasse en effet les métaphores théologiques de l’homo viator comme perfectionnement moral. Une petite révolution épistémologique s’observe à l’époque classique : l’expérience prime désormais sur la connaissance livresque, la pratique sur la théorie. Surgit ainsi un nouveau genre pour en rendre compte, le récit de voyage, que le Chevalier de Jaucourt, dans son article rédigé pour L’Encyclopédie en 1765, stigmatise en raison des mensonges qu’il véhicule : « D’ordinaire les voyageurs usent de peu de fidélité. 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