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Les communications abordent des auteurs francophones et anglophones, ainsi que des cas spécifiques comme Vladimir Nabokov, Linda Lê ou Giovani Dotoli, afin d’éclairer la création littéraire en deux langues. 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Les communications portant sur les écrivains russes ‘francophones’ ou ‘anglophones’ ; sur les écrivains chinois ‘francophones’ ; sur la poésie iranienne ; sur Vladimir Nabokov ; ou sur Linda Lê ; sur quelques écrivains italo-tunisiens ; proposent diverses réponses à la question.  Et la communication de Giovani Dotoli sur sa propre poésie, en italien et en français, répondra de façon vivante à la question de la création littéraire en deux langues, entre deux langues.\nLe second volet interroge les écrivains non plus du point de vue de la langue, mais de celui des sujets qu’ils peuvent être amené à traiter en commun: Aimé Césaire et Alejo Carpentier par exemple, à propos de la figure du Roi Henri Christophe, Christophe perçu ici comme un des personnages constitutifs de l’hypoculture caribéenne. Et l’exposé sur Percival Everett traitera aussi de cet écrivain comme d’un metteur en scène très habile de l’hypoculture afro-américaine.\nCitations sources de l’intitulé de notre atelier\nD’abord Edmond Amran El Maleh :\n« La contradiction ne me fait pas peur. Je peux aller aussi loin qu’on veut dans l’usage et la jouissance du français ; et dans le même temps je ne cesse d’être habité, enveloppé, ardemment, charnellement par ma langue maternelle, l’infortunée darija. Parce que je ne peux pas m’en expliquer y compris à moi-même, je sais que je touche là à l’essentiel, indicible, au-delà des séductions des amours bilingues » (Edmond Amran El Maleh, Entretiens avec Marie Redonnet, 2005, page 152).\nPuis Linda Lê :\n« Ma résolution de devenir écrivain s’affermit en lisant les grands auteurs – Flaubert, Dostoïevski, Shakespeare – l’un après l’autre. Mais je commençais à ressentir profondément ma différence. Auparavant, j’étais une Vietnamienne qui parlait mal ma langue et avait la tête farcie de culture française. Maintenant, j’étais une étrangère qui aspirait à écrire aussi bien que l’indigène. Il y avait en moi une fêlure que j’essayais de comprendre en me tournant vers les écrivains qui ont trahi leur langue natale : Conrad le Polonais écrivant en anglais, Cioran le Roumain et Beckett l’Irlandais écrivant en français. Chacun, en investissant la langue qu’il a choisie, m’apparaissait à la fois comme un voleur et un donateur … Ces écrivains, je les considérais comme des agents doubles, je cherchais en eux le passeur, celui qui me ferait traverser les frontières et m’offrirait un refuge dans la Babel des mots, car j’étais une égarée, en quête d’une image à laquelle je pouvais m’identifier » ( Linda Lê, Le Complexe de Caliban, Paris, Christian Bourgois, 2005, page 42).\nEntre Edmond Amran El Maleh et Linda Lê, le bilinguisme de l’écrivain francophone s’exprime si ce n’est en termes d’écartèlement entre deux idiomes, du moins comme une frustration, celle de ne pouvoir écrire avec une égale maîtrise les deux langues qui co-agissent en eux, l’arabe et le français chez El Maleh; le vietnamien et le français chez Linda Lê.\nL’écrivain que j’ai choisi de lire, Boubacar Boris Diop, est à la fois romancier, essayiste, dramaturge, scénariste et auto-traducteur d’une partie de son œuvre. 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