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Le texte détaille le littoral ouest, les falaises, les récifs et le rôle du canal de Moçambique, puis la côte est, sa plage longue, ses lagunes et dunes. 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La côte orientale correspond à la face interne du pied. La côte occidentale, avec ses deux principaux renflements, représente assez bien la face externe. Mais on trouvera que le gros orteil est un peu allongé.\nÀ l’ouest, le littoral, très découpé, bastionné de hautes falaises, ceinturé de récifs, domine les eaux profondes du canal de Moçambique. De tout temps ce détroit sépara le continent africain d’un plus vieux continent austral, qui est Madagascar même ou dont Madagascar n’est qu’un débris.\nÀ l’est, la côte, sablonneuse et basse, indique la probabilité d’une rupture rectiligne qui se serait opérée comme par un jeu de charnière, dans l’hypothèse du cataclysme où l’on veut qu’ait disparu la majeure partie du continent Lemuria. Mille kilomètres d’une plage tirée au cordeau se développent de Foule-pointe à Fort-Dauphin. À la faveur des clairs de lune tropicaux, dont l’intensité peut troubler la vue, – le spectacle de l’océan Indien, poussant avec fracas sur cette grève des lames d’une lieue de long, est quelque chose de merveilleux et de terrible. Parallèlement au rivage, sur la moitié de cette immense étendue, une suite de lagunes, reliées par des isthmes que l’on prendrait pour des ponceaux, laisse entre elle et la mer une plate-bande de dune assez étroite, – première partie de la route pour le voyageur qui se rend de Tamatave à Tananarive.\nDu village de Vavoune à celui d’Andévourante où débouche le fleuve Iarouk, la dune où l’on chemine passe à bon droit pour l’un des plus beaux paysages du monde. Qu’on se représente un parc anglais laissé à l’abandon, l’herbe ayant recouvert les allées, réuni les pelouses ; mais un parc qui n’en finit pas et où l’on marche tout un jour… Les plus beaux, les plus rares arbustes qui ornent nos appartements, nos jardins d’hiver, nos squares, s’y trouvent naturellement disposés, isolés ou groupés avec un art qu’eût envié Alphand. Là, ils atteignent, épanouis dans leur atmosphère propre, de gigantesques proportions. Les lianes s’emmêlent à leurs troncs, les orchidées se suspendent à leurs fourches. On cherche au fond d’une clairière la silhouette du grand château fermé de quelque Belle au bois dormant… Des bœufs sauvages, fuyant à votre approche, sont les seuls hôtes de ce désert, d’une opulence mélancolique.\nLa pénétration dans l’intérieur de l’Île se fait, à angle droit, par la montée de l’Iarouk. Quatre heures de pirogue, que la gaîté des pagayeurs, toujours chantants, abrège, et l’on débarque à Maroumby. Pour le voyageur qui arrive par Tamatave, Maroumby est la vraie porte du pays rouge.\nLe pays rouge… N’est-ce pas le nom qui convient à la grande île australe dont le sol, dans une proportion des quatre cinquièmes, est recouvert d’une couche d’argile colorée comme par la cuisson du four ? Cette couche atteint en moyenne une profondeur de 20 mètres. Elle proviendrait, m’a-t-on assuré, de la décomposition du gneiss, de la « roche pourrie », disent les paysans de France. Pauvre terrain, dépourvu de calcaire, impropre à la vigne, aux céréales et à beaucoup d’autres cultures.\nLa première région où l’on s’engage après Maroumby, déjà très tourmentée, s’appelle la région des raphias, parce que ce genre de palmier, dont la fibre se prête à tant d’usages industriels, s’y trouve en abondance. Mais raphias et, plus loin, ravenales, roseaux et autres plantes amies de l’humidité sont invisibles sur l’océan de mamelons dénudés qui se découvre peu à peu, quand on embrasse l’étendue. 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