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À partir de “Sémiotique figurative et sémiotique pastique” (1978/1984), l’étude reconstitue le “mouvement de l’atelier” et examine les apports épistémologiques. 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Elle “n’existe pas”, car une sensorialité n’est pas définitoire d’une sémiotique, cela d’autant moins qu’une même sémiotique peut concerner des sensorialités différentes. Et pourtant, Greimas a, en 1978, jeté les bases d’une réflexion sémiotique sur l’image, même si elle s’entoure de beaucoup de précautions :\n« La théorie du visuel – et encore moins celle de l’audio-visuel, qui n’est qu’une étiquette commode – est loin d’être élaborée, et la sémiotique visuelle (ou la sémiologie de l’image) n’est souvent qu’un catalogue de nos perplexités ou de fausses évidences » .\nÀ cela s’ajoute qu’un courant de la sémiotique du même nom “existe” bel et bien, comme Jean-Marie Klinkenberg en convient lui-même : sous une forme largement institutionnalisée, malgré son caractère « diversifié, flottant, protéiforme, pour ne pas dire ondoyant, capricieux ou hétéroclite ».\nLa sémiotique visuelle est donc en devenir, depuis au moins une quarantaine d’années. Quel est, spécifiquement, l’apport de la sémiotique greimassienne ? En quoi impulse-t-elle une dynamique de recherche qui cherche, aujourd’hui, à affermir les contours disciplinaires du pan « visuel » de la sémiotique ? Notre hypothèse est que, pour saisir les inflexions apportées à la théorie sémiotique de l’image au fil des décennies, pour mieux cerner les débats et défis actuels et pour comprendre les enjeux futurs, il faut remonter jusqu’aux travaux fondateurs et réinterroger les propositions greimassiennes à nouveaux frais. Ce n’est qu’à ce prix, croyons-nous, que la sémiotique visuelle peut relever les défis que Jean-Marie Klinkenberg résume dans la “Préface” aux Plis du visuel  en 2017 : elle doit, écrit-il, dépasser le cadre de l’énonciation énoncée en faveur de l’énonciation élargie et porter l’attention sur la corporéité du signe ainsi que sur la substance et la matérialité des objets perçus. D’après ce chercheur, la sémiotique visuelle “naissante” devra privilégier trois dimensions : référentielle, catasémiotique et sociale. À cet effet, elle doit scruter les choix épistémologiques de la sémiotique générale, mais aussi cerner la spécificité de l’image.\nOr, telle est, précisément, la double voie que Greimas cherche à explorer dans le texte intitulé  “Sémiotique figurative et sémiotique pastique”, rédigé en 1978 et publié en 1984. L’article est habité par une tension fondamentale, qui en fait toute la richesse pour nous : la perspective est à la fois celle de la “sémiotique générale”, en amont de la prise en considération de la substance du signifiant, et celle, encore balbutiante, d’une sémiotique à même de capter la “spécificité” du texte visuel. Il est assorti d’une “Préface” (1984) dans laquelle Greimas reconnaît à son écrit de 1978, qui “date peut-être un peu”, le mérite de “retrace[r] le lent mouvement de l’atelier de sémiotique visuelle”. La sémiotique visuelle en tant que discipline n’émerge pas encore, mais les bases en sont données fermement. Nous chercherons à montrer en quoi ce texte fondateur, qui vise à nouer le dialogue avec Paul Klee de Félix Thürlemann (1982) et Petites mythologies de l’œil et de l’esprit de Jean-Marie Floch (1985), est à la fois solidement ancré dans son époque et largement visionnaire.\nLe cadre général de notre réflexion sera donné par une sémiotique de l’énonciation (visuelle) conçue comme une pratique située, qu’il faut distinguer des marques ou traces de l’inscription d’une instance dans un texte (énonciation énoncée). Elle nous paraît d’autant plus prometteuse qu’elle permet de saisir sur le vif les débats qui façonnent la discipline du sens. 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