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Il articule plusieurs axes issus des contributions d’auteurs et confronte ces perspectives à des positionnements plus personnels, assumant ainsi une part de subjectivité. 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Comme l’écrit Ferdinand de Saussure dans « De l’essence double du langage », « l’objet en linguistique n’existe pas pour commencer, n’est pas déterminé en lui-même. Dès lors parler d’un objet, nommer un objet, ce n’est pas autre chose que d’invoquer un point de vue A déterminé » (2002 : 23). Cette constatation peut sans risque être étendue à la sémiotique.\nJ’invite ici à une promenade le long de quelques axes inspirés des mots-clés retenus par chacun des auteurs.\nD’un côté, les pistes de lecture que je suggère sont dictées par les contributions réunies dans cet ouvrage et par les grandes thématiques abordées : ont été retenus prioritairement les articles pour lesquels la notion ciblée est centrale. Il importe de les présenter dans les grandes lignes, en évitant le double risque de la hiérarchisation des thèmes et de la prolifération des détails et en suscitant l’envie d’une lecture approfondie. De l’autre, les pistes reflètent des positionnements qui me sont propres et qui recèlent, en cela, une part de subjectivité. Elles ne préjugeront donc en rien d’autres lectures qui pourraient s’avérer fécondes, d’autres rapprochements et d’autres mises en discussion.\nJe partirai du déictique, élargissant ensuite la perspective aux marques de subjectivité que sont les affectifs, les axiologiques ou encore les modalisateurs, qui donnent lieu à un dédoublement énonciatif. L’accent sera mis sur la co-construction des discours et sur l’activité interactionnelle. Je poursuivrai avec les instances d’énonciation, en les approchant sous différents angles, avant de m’intéresser à l’articulation de l’énonciation collective et singulière, au genre et au style, mais aussi, dans la foulée, au contexte linguistique et non-linguistique, à l’environnement et à la pratique. Je terminerai par les dynamiques énonciatives.\nLes notions étant interreliées, certains recoupements sont inévitables ; ils sont souhaitables en ce qu’ils autorisent des lectures ciblées.\n1. \tDu déictique à l’index\nPlusieurs auteurs renvoient, explicitement ou implicitement, aux travaux fondateurs de Benveniste. Pour commencer, focalisons notre attention sur l’appareil formel de l’énonciation et, plus particulièrement, sur Problèmes de linguistique générale I (1966 ; sections II et V) et Problèmes de linguistique générale II (1974, « L’appareil formel de l’énonciation » [1970]). Benveniste y traite de la référence à partir de ego, hic et nunc.\nSi le centre déictique constitue le point de départ de ma réflexion, il s’agira, au terme de cette première section, d’ouvrir sur le visuel et d’articuler l’indexant linguistique avec l’indexant non-linguistique.\nCommençons par la question du rôle énonciatif de je et de tu, que cet ouvrage pose à nouveaux frais.\nÀ travers une argumentation serrée, Georges Kleiber dénonce les excès d’une conception ramenant je et tu à des indices de l’énonciation, au détriment, plus particulièrement, des rôles que ces formes jouent dans l’énoncé. Dénonçant un « excès de gourmandise énonciative », il invite à considérer leur implication dans la construction de l’information donnée par l’énoncé (selon Benveniste (1966 [1956] : 252, 253), le locuteur utilise je pour parler de l’« individu qui énonce la présente instance de discours contenant l’instance linguistique je » et tu pour parler de l’« individu allocuté dans la présente instance de discours contenant l’instance linguistique tu »). Il insiste aussi sur 6leur fonctionnement proprement référentiel. Plus largement, il s’agit de définir le rôle de il dans l’énoncé, mais aussi de repenser la notion de délocutif ou délocuté.\nPour sa part, Jean-Pierre Desclés voit dans les indexicaux je, tu et il des traces de relations invariantes, plutôt que des ","cbCaitorKmZpksb5","https://ap.wps.com/l/cbCaitorKmZpksb5","docx",68791,32,"French","# Du déictique à l’index","[{\"question\":\"Pourquoi l’énonciation n’a-t-elle pas de définition unitaire dans l’ouvrage ?\",\"answer\":\"L’ouvrage évite une définition unique et propose des éclairages multiples, liés aux approches et aux théories des différents chercheurs. 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