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Le texte présente la méthode et la problématique : une synthèse fondée sur un état des lieux, une hypothèse et le recours à de nouvelles sources, avec une lecture « par le haut » centrée sur les états-majors. L’étude s’appuie sur des rapports de conseils d’administration, la presse d’entreprise et une enquête orale auprès de cadres. 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Soixante ans de stratégies.  \nAvant-propos de Maurice Bosquet (Renault, puis SAVIEM) et de Christian Peugeot.  \nParis, Le Monde Editions, 1995, 637 p.  \nPrix Fondation Crédit Lyonnais pour l'histoire d'entreprise 1995.  \nJean-Louis Loubet,  \nProfesseur d'histoire à l'Université d'Evry Vald'Essonne et chercheur au Laboratoire Développement, Travail, Technologies (CNRS),  \nest membre du Gerpisa.  \nMETHODE DE TRAVAIL ET PROBLEMATIQUE  \nJean-Louis Loubet propose un ouvrage de synthèse sur l'industrie automobile française du milieu des années trente à nos jours. Spécialiste, parses thèses, des deux principaux constructeurs privés français (Citroën, puis Peugeot), il n'a pas hésité, dans ses travaux suivants, à sortir du cadre monographique pour se confronter (à l'image de ses objets initiaux) à d'autres espaces, d'autres pratiqueset d'autres logiques : Renault, bien sûr, qui présida à l'élaboration d'une démarche comparatiste, que Jean-Louis Loubet doublait, par ailleurs, de recherches saisissant l'industrie automobile par des objets moins connus des historiens : les modèles, la clientèle ou l'exportation.  \nSi les travaux passés méritent d'être rappelés, c'est qu'ils suggèrent l'importance et la densité del'information mobilisée pour cet ouvrage. Mais il serait tout-à-fait erroné de considérer ce dernier comme une compilation d'études antérieures. Ce livre vient au contraire prouver, s'il en était besoin, que la synthèse est bel et bien en elle-même un travail de recherche qui, comme tel, suppose un état  \n2 Actes du GERPISA n°22  \ndes lieux, une hypothèse, une démarche et le recours à de nouvelles sources.  \nL'état des lieux, c'est-à-dire le point sur les connaissances et les questionnements, ne donne pas matière dans cet ouvrage à un exposé spécifique : c'est au cours de ses analyses que Jean-Louis Loubet incorpore des données et des résultats déjà établis. La bibliographie sélective proposée à la fin du volume suggère l'ampleur de la documentation utilisée et la diversité des approches, puisquel'hypothèse supposait de comprendre aussi bien les points de vue des constructeurs que ceux d'autres acteurs, parmi lesquels, en particulier, les pouvoirs publics et les clientèles.  \nEn effet, l'hypothèse de Jean-Louis Loubet est double. Elle propose, d'une part, l'idée d'une scansion de l'histoire de l'industrie automobile qui distinguerait trois périodes : le temps des inventeurset des ingénieurs, le temps des commerçants et le temps des gestionnaires et des financiers. D'autre part, elle suppose qu'au sein de cette histoire commune, chaque constructeur a fait des choix originaux, décidant ainsi de trajectoires pour partiespécifiques. Ce sont ces trajectoires dont l'auteur cherche à recouvrer la logique, à l'aide de la notion de \"stratégie industrielle\". L'objet du livre est doncd'exhumer et de comprendre ces stratégies.  \nLa démarche choisie privilégie une vision \"par le haut\", mettant en valeur la volonté des états-majors, en fonction de leurs objectifs, des caractéristiques respectives de leurs firmes et des atouts etcontraintes des contextes économiques. 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