[{"data":1,"prerenderedAt":-1},["ShallowReactive",2],{"doc-detail-38102-fr":3,"doc-seo-38102-114":29},{"code":4,"msg":5,"data":6},0,"success",{"doc_id":7,"user_id":8,"nickname":9,"user_avatar":10,"doc_module":4,"category_id":11,"category_name":12,"doc_title":13,"doc_description":14,"doc_content":15,"file_id":16,"file_url":17,"file_type":18,"file_size":19,"view_count":4,"is_deleted":4,"is_public":20,"is_downloadable":20,"audit_status":20,"page_count":21,"language":22,"language_code":23,"site_id":24,"html_lang":23,"table_of_contents":25,"faqs":26,"seo_title":13,"seo_description":14,"update_tm":27,"read_time":28},38102,687197207919,"Theodora","https://ap-avatar.wpscdn.com/avatar/a000253d6f5f7c60be?x-image-process=image/resize,m_fixed,w_180,h_180&k=1779446848396160552",59,"Littérature","Le Nabab Tome II","Le texte présente un extrait de Le Nabab, tome II d’Alphonse Daudet, centré sur une scène parisienne de pluie et de boue qui envahit rues, quais et façades. Dans un atelier, Félicia et une vieille danseuse construisent un dialogue intime autour de l’ennui, de la dégoûterie et des raisons de rester heureuse. L’ambiance bascule avec les inquiétudes liées à une exposition récente et au jugement du public, jusqu’aux préparatifs d’un dîner pour un grand personnage, malgré la grisaille persistante.","Le nabab, tome II Daudet, Alphonse, 1840-1897  \nRelease date: 2004-06-01  \nSource: Bebook  \nProduced by Tonya Allen and PG Distributed Proofreaders. This file was produced from images generously made available by the Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica) at [http://gallica.bnf.fr](http://gallica.bnf.fr).  \nOEUVRES  \nDE  \nAlphonse Daudet  \nLe Nabab  \nTome II  \nM DCCC LXXXVII  \nLE NABAB  \nXIII  \nUN JOUR DE SPLEEN  \nCinq heures de l'après-midi. La pluiedepuis le matin, un ciel gris et bas à toucher avec les parapluies, un temps mou qui poisse, le gâchis, la boue, rien que dela boue, en flaques lourdes, en traînées luisantes au bord des trottoirs, chassée en vain par tes balayeuses mécaniques, par les balayeuses en marmottes, enlevée sur d'énormes tombereaux qui l'emportent lentement vers Montreuil, la promènent en triomphe à travers les rues, toujours remuée et toujours renaissante, poussant entre les pavés, éclaboussant les panneaux des voitures, le poitrail des chevaux, les vêtements des passants, mouchetant les vitres, les seuils, les devantures, à croire que Paris entier va  \ns'enfoncer et disparaître sous cettetristesse du sol fangeux où tout se fond et se confond. Et c'est une pitié de voir  \nl'envahissement de cette souillure sur les blancheurs des maisons neuves, labordure des quais, les colonnades des balcons de pierre... Il y a quelqu'un cependant que ce spectacle réjouit, un pauvre être dégoûté et malade qui, vautré tout de son long sur la soie brodée d'undivan, la tête sur ses poings fermés, regarde joyeusement dehors contre les vitres ruisselantes et se délecte à toutes ces laideurs:  \n«Vois-tu, ma fée, voilà bien le temps qu'il me fallait aujourd'hui... Regarde-les patauger... Sont-ils hideux, sont-ils sales!... Que de fange! Il y en a partout, dans les rues, sur les quais, jusque dans la Seine, jusque dans le ciel... Ah! c'est bon la boue, quand on est triste... Je voudrais tripoter  \nlà-dedans, faire de la sculpture avec ça, une statue de cent pieds de haut, quis'appellerait: «Mon ennui.»  \n--Mais pourquoi t'ennuies-tu, ma chérie, dit avec douceur la vieille danseuse, aimable et rose dans son fauteuil, où elle se tient très droite de peur d'abîmer sa coiffure encore plus soignée que  \nd'habitude... N'as-tu pas tout ce qu'il faut pour être heureuse?»  \nEt, de sa voix tranquille, pour la centième fois, elle recommence à lui énumérer ses raisons de bonheur, sa gloire, son génie, sa beauté, tous les hommes à ses pieds, les plus beaux, les plus puissants; oh! oui, les plus puissants, puisqu'aujourd'hui même... Mais un miaulement formidable, une plainte déchirante du chacal exaspéré par la monotonie de son désert, fait tremblertout à coup les vitres de l'atelier et rentrer  \ndans son cocon l'antique chrysalide épouvantée.  \nDepuis huit jours, son groupe fini, parti pour l'exposition, a laissé Félicia dans cemême état de prostration, d'écoeurement, d'irritation navrée et désolante. Il faut toutela patience inaltérable de la fée, la magiede ses souvenirs évoqués à chaque instant pour lui rendre la vie supportable à côté de cette inquiétude, de cette colèreméchante qu'on entend gronder au fond des silences de la jeune fille, et qui subitement éclatent dans une parole amère, dans un «pouah» de dégoût à propos de tout... Son groupe est hideux... Personne n'en parlera... Tous les critiques sont des ânes... Le public? un goitre immense à trois étages de mentons... Et pourtant, l'autre dimanche, quand le duc de Mora est venu avec le surintendant des beaux-arts voir son exposition à l'atelier,  \nelle était si heureuse, si fière des éloges qu'on lui donnait, si pleinement ravie de son travail qu'elle admirait à distance comme d'un autre, maintenant que l'outil n'établissait plus entre elle et l'oeuvre ce  \nlien gênant à l'impartial jugement del'artiste.  \nMais c'est tous les ans ainsi. 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