[{"data":1,"prerenderedAt":-1},["ShallowReactive",2],{"doc-detail-37759-fr":3,"doc-seo-37759-114":29},{"code":4,"msg":5,"data":6},0,"success",{"doc_id":7,"user_id":8,"nickname":9,"user_avatar":10,"doc_module":4,"category_id":11,"category_name":12,"doc_title":13,"doc_description":14,"doc_content":15,"file_id":16,"file_url":17,"file_type":18,"file_size":19,"view_count":4,"is_deleted":4,"is_public":20,"is_downloadable":20,"audit_status":20,"page_count":21,"language":22,"language_code":23,"site_id":24,"html_lang":23,"table_of_contents":25,"faqs":26,"seo_title":13,"seo_description":14,"update_tm":27,"read_time":28},37759,7971461740909,"Levi","https://ap-avatar.wpscdn.com/davatar_155a257f0dc6eb9ab79c44ca47cae57d",59,"Littérature","Les sœurs Brontë - Laura El Makki","Préface et réflexion littéraire sur la vie et la force créatrice des sœurs Brontë, portée par l’idée que la joie réside dans la puissance d’agir et la persévérance. Le texte confronte la légende du malheur et de l’austérité à une vitalité restée intacte malgré les deuils, la pauvreté et la tuberculose. Il évoque l’impact des œuvres d’Emily et des autres livres du clan, puis l’arrivée à Haworth, pour comprendre comment naît un regard visionnaire, capable de traverser les faux-semblants et les morts.","© Éditions Tallandier, 2017  \n48, rue du Faubourg-Montmartre – 75009 Paris  \n[www.tallandier.com](www.tallandier.com)  \nEAN : 979-10-210-2439-7  \nCe document numérique a été réalisé par Nord Compo.  \n« Les liens qui nous attachent à la vie sont plus forts que vous nel’imaginez. »  \nAgnes Grey, Anne Brontë  \nPour en finir avec le malheur  \nHell of a woman. Chacune des sœurs Brontë le fut à sa manière : une sacrée femme. L’enfer qui semble tant définir leur vie et scellerleur identité, elles l’ont devancé et grimacé . Je suis convaincue qu’elles souriaient, les sœurs Brontë, qu’elles aimaient la vie. Il est bien inutile de les imaginer heureuses, mais il est fondamental decroire qu’elles ont pu connaître la joie, telle que Spinoza l’envisageait : celle, sublime et rare, qui découle de la capacité dechacun à « persévérer dans son être 1 », jour après jour. La joie, c’est la joie de faire, « la puissance d’agir 2 » qui donne sens à l’existence. C’est celle, aussi, qui éloigne le cœur des tristesses du monde. Bien sûr, il y aura toujours des chagrins. Charlotte, Emily et Anne en ont eu des grands, des graves, des éternels, sans jamais néanmoins leuraccorder de complaisance. Là se trouve leur énergie inédite etinsoupçonnée.  \nLe temps fait des ravages. Il a effacé toute trace de cette joie dans leur vie. Il a noirci les rares images laissées d’elles, aussi : tout juste femmes, elles sont devenues fantômes. Pis : fantasmes. Maigres et pâles, elles sont ces tristes demoiselles qui s’habillaient en noir et vivaient une existence « petite et comprimée 3 » ; ces filles réputées vieilles qui n’ont jamais pu éprouver ou aimer le plaisir de la chair ;  \nces âmes sauvages aussi, inadaptées aux autres, voire ces brutes4 qui effrayaient le voisinage et persécutaient les animaux. Dans les esprits crédules et les biographies affamées de vérités absolues, la légende deleur austérité rayonne et s’érige depuis des années comme la conséquence évidente d’un malheur originel.  \nCelui-ci surgit dès leur naissance : les pauvres sœurs étaient effectivement pauvres, nées dans une famille où l’argent manquait. Mais elles avaient ce que d’autres n’ont jamais connu : l’affection deleurs parents. On comptait peut-être les sous mais on s’aimait, chez les Brontë . De cette époque somme toute heureuse, elles n’ont quepeu de souvenirs. Leur mère, Maria, meurt quelques mois après lanaissance d’Anne, laissant derrière elle six enfants et un maridéboussolé . Si le père est robuste, deux de ses aînées, Maria et Elizabeth, ne dépassent pas leur première décennie. La maladie – cette inévitable tuberculose surtout, qui a fauché une partie de la jeunesse du siècle – fut la vraie menace de leur vie, car elle les a peu à peu ôtés les uns aux autres. Au cœur de ces deuils successifs, pourtant, la vie demeurait. Elle résistait.  \nL’admirable, le voici. Il n’y a jamais eu d’acceptation du malheur chez les Brontë, mais une vitalité à la limite de l’étrange. Je mesouviens l’avoir ressentie, cette vitalité, à la lecture des Hauts de Hurlevent, le premier livre du clan que j’ai ouvert à l’adolescence. L’obscurité de l’intrigue, le vent glacial des phrases, les personnages à la lisière de la folie et ce pouvoir souterrain de la nature prête à pulvériser le monde : un tel livre existait, capable de me révéler la force véritable. Cette impression s’est propagée à mesure que jedécouvrais la courte et belle œuvre d’Emily Brontë, puis celle de sessœurs. Dans leurs romans et poèmes, dans leurs récits de jeunesse et plusieurs de leurs lettres résidait la même ardeur de vivre. À chaque livre ouvert, à chaque page tournée, « une rafale de vent 5 » . Qui  \nétaient-elles ces femmes que je supposais fortes et qui me rendaient forte ? Les conjectures sur leur quotidien monacal, leur strict régime alimentaire et surtout le gouffre boueux que semblait préfigurer Haworth, leur ville de cœur, empêchaient toute réflexion. J’ai préparé mon bagage.  \nMes prédécesseurs m’avaient mise en garde, ce sera","cbCaidSCQMWbKctB","https://ap.wps.com/l/cbCaidSCQMWbKctB","pdf",1835501,1,232,"French","fr",114,"# Pour en finir avec le malheur\n## Joie, puissance d’agir et persévérance\n## Malheur, pauvreté et maladie\n## L’énergie créatrice des œuvres\n## Voyage vers Haworth et découverte du regard","[{\"question\":\"Quel rôle la joie joue-t-elle dans l’interprétation de la vie des sœurs Brontë ?\",\"answer\":\"La joie est présentée comme une joie de faire, liée à la puissance d’agir et à la capacité de persévérer dans son être. Elle éloigne le cœur des tristesses du monde, même si des chagrins existent toujours.\"},{\"question\":\"Comment le texte explique-t-il l’origine du malheur associé aux Brontë ?\",\"answer\":\"Il évoque la pauvreté de naissance et surtout la tuberculose, qui a frappé progressivement la famille. 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