[{"data":1,"prerenderedAt":-1},["ShallowReactive",2],{"doc-detail-37714-fr":3,"doc-seo-37714-114":29},{"code":4,"msg":5,"data":6},0,"success",{"doc_id":7,"user_id":8,"nickname":9,"user_avatar":10,"doc_module":4,"category_id":11,"category_name":12,"doc_title":13,"doc_description":14,"doc_content":15,"file_id":16,"file_url":17,"file_type":18,"file_size":19,"view_count":4,"is_deleted":4,"is_public":20,"is_downloadable":20,"audit_status":20,"page_count":21,"language":22,"language_code":23,"site_id":24,"html_lang":23,"table_of_contents":25,"faqs":26,"seo_title":13,"seo_description":14,"update_tm":27,"read_time":28},37714,687197207639,"Asher","https://ap-avatar.wpscdn.com/davatar_a8503ba1806abce46bf441b54a3ca4cd",58,"Récits & Romans","Le pain des Français","Roman centré sur le souvenir d’enfance autour du refus de vendre le « pain des Français » à des immigrés kabyles. En toile de fond, le récit relie la guerre d’Algérie et ses violences au quotidien des années suivantes, notamment à travers l’exploitation des travailleurs, le racisme et la peur. La scène au fournil devient un révélateur moral : la dignité ouvrière, la mémoire familiale et l’injustice sociale s’affrontent dans un dialogue implicite entre générations, entre passé et avenir.","XAVIER LE CLERC  \nLE PAIN DES FRAN Ç AIS  \nroman  \nGALLI MARD  \n« La justice est que les enfants mangent à leurfaim et n’aient pas froid. La justice est que mes petits vivent. Je les ai mis au monde sur une terre de joie. La mer a fourni l’eau de leur baptême. Ilsn’ont pas besoin d’autres richesses. Je ne demande rien pour eux que le pain de tous les jours et le sommeil des pauvres. Ce n’est rien et pourtant c’est cela que vous refusez. Et si vous refusez aux malheureux leur pain, il n’est pas deluxe, ni de beau langage, ni de promesses mystérieuses qui vous le fassent jamais pardonner. »  \nAlbert CAMUS , L’État de siège, 1948  \nI  \n« Ici, on ne vend pas le pain des Français aux bougnoules ! Dix baguettes ! Et encore quoi ? » éructa le boulanger, les bras croisésderrière sa longue vitrine de pâtisseries. J’avais six ans, et mon père, qui me tenait par la main, en resta sans voix. Le regard vert et incandescent, il serrait sa mâchoire anguleuse. Mon père était aussi tourmenté par son passé que par l’avenir de sa famille nombreuse, pour laquelle il avait toutsacrifié . Lui l’ouvrier si digne qui était toujours vêtu d’un costume noiret d’une cravate ignorait qu’il dégageait l’air déchirant d’un oiseau kabyle en voie d’extinction, une sorte de dodo des montagnes qui avait tour à tour survécu à la famine, à la guerre puis à l’usine.  \nC’était en 1986, mais cela aurait pu se passer en 1962, l’année où le jeune Mohand-Saïd Aït-Taleb avait émigré en France, à Caen. Mon père travaillerait des décennies au pied des hauts-fourneaux de la SMN, société métallurgique de Normandie. À l’âge de vingt-cinq ans, il futrecruté par des agents industriels. Peu leur importait si les ressources étaient humaines. Les lignes de production, les usines, les chantiers, les mines étaient si avides de cette main-d’œuvre, payée un tiers en moins que leurs collègues français. Sur la place du village kabyle, ces jeunes hommes fiers qui étaient alignés, le torse nu et la posture bien droite, devaient d’abord inspirer à pleins poumons puis expirer. Les agents leur palpaient les mains et les épaules, inspectaient leurs dents, vérifiaient la propreté des oreilles et la vivacité de l’œil. Les candidats retenus recevaient un tampon vert à même la peau, sur les pectoraux. Il n’était pas question de leur reconnaître un cœur, mais un corps solide et un tempérament docile.  \nCes jeunes travailleurs qui rasaient les murs, une gamelle de fer à la main, étaient surnommés « les ratons » . Ils remplissaient les foyers et les bidonvilles, où la vermine rongeait les planches des baraquements. Chassés aux abords des usines, ils disparaissaient parfois. Le jeu des ratonnades qui commençait par des insultes racistes, des coups et des brimades dans la rue se finissait souvent avec un crâne défoncé contre l’arête d’un trottoir, des côtes cassées, des noyades ou, selon l’humeur des copains, une pendaison dans les bois. Quelques semaines plus tard, parce que la jeune épouse vivait encore au bled, le corps retrouvé était identifié par des camarades ouvriers. Les caissons réfrigérants de la morgue, à moins dix-sept degrés, semblaient contenir l’enfer de la guerre d’Algérie, pourtant officiellement terminée.  \nUn instant, le boulanger partagea le silence de mon père. Un lien indicible qui remontait à cette guerre, trente ans auparavant, et que je ne comprendrais vraiment que bien plus tard. Ce boulanger avait-il, durant son service militaire, perdu des copains de vingt ans dans uneembuscade ou torturé de pauvres paysans comme mon père ?  \nAvait-il été nourri de peur et de dégoût ? Sa hiérarchie lui avait-elle fait croire que tout Arabe était suspect de terrorisme ? Était-il un apprentitortionnaire qui, après la guerre, serait torturé à son tour par l’infamie ? Se montrait-il odieux parce que hanté par des souvenirs d’électrodes, jadis branchées sur l’oreille et les parties génitales d’un pauvre fellagha nu et trempé ? « Parle, parle, hurlait-il, alors tu vas parler le bicot, tiensprends","cbCaiq2DoZ9aOhDc","https://ap.wps.com/l/cbCaiq2DoZ9aOhDc","pdf",1184938,1,103,"French","fr",114,"# Le refus du boulanger\n## La mémoire de la guerre d’Algérie\n## L’exploitation et les violences","[{\"question\":\"Quel est le cœur du conflit dans la scène du boulanger ?\",\"answer\":\"Le boulanger refuse de vendre le pain des « Français » à des clients considérés comme étrangers, en jetant des propos racistes. Cette attitude déclenche un malaise immédiat chez l’enfant et son père.\"},{\"question\":\"Comment la guerre d’Algérie influence-t-elle le récit ?\",\"answer\":\"Le narrateur établit un lien entre les violences de la guerre d’Algérie, vécues ou transmises, et la condition des travailleurs immigrés des années suivantes. 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