[{"data":1,"prerenderedAt":-1},["ShallowReactive",2],{"doc-detail-38016-fr":3,"doc-seo-38016-114":29},{"code":4,"msg":5,"data":6},0,"success",{"doc_id":7,"user_id":8,"nickname":9,"user_avatar":10,"doc_module":4,"category_id":11,"category_name":12,"doc_title":13,"doc_description":14,"doc_content":15,"file_id":16,"file_url":17,"file_type":18,"file_size":19,"view_count":4,"is_deleted":4,"is_public":20,"is_downloadable":20,"audit_status":20,"page_count":21,"language":22,"language_code":23,"site_id":24,"html_lang":23,"table_of_contents":25,"faqs":26,"seo_title":13,"seo_description":14,"update_tm":27,"read_time":28},38016,13056703019662,"Evangeline","https://ap-avatar.wpscdn.com/avatar/be000253a8e92610077?_k=1778726343310543188",58,"Récits & Romans","Sula","Sula de Toni Morrison (1973) propose une entrée en matière historique et sensible sur le quartier noir nommé « le Fond » et sa transformation en espace modernisé. Le récit évoque la disparition progressive des lieux et métiers, tandis que la mémoire collective conserve chants, musiques et mouvements de danse. Par un arrière-plan d’injustice et de tromperie, le texte relie la douleur intime au rire, et raconte comment la terre promise devient une charge, situant durablement les communautés dans un rapport inégal au monde.","Toni Morrison  \nSula  \n1973  \nTraduit de l’anglais par Pierre Alien  \n« Domaine étranger » dirigé par Jean-Claude Zylberstein CHRISTIAN BOURGOIS ÉDITEUR  \nTitre original :  \nSula  \n© Toni Morrison, 1973.© Christian Bourgois Éditeur, 1992, pour la traduction française. ISBN 2-264-01822-4  \nC’est un bonheur inespéré, que quelqu’un vous manque bien avant de vous avoir quitté.  \nCe livre est dédié à Ford et Slade, qui me manquent déjà sans même qu’ils m’aient quitté.  \n« Nul n’a connu ma rose du monde que moi…J’ai eu trop degloire. Ils ne supportent une telle gloire dans le cœur de personne. »  \nLa Rose Tatouée  \nPremièrepartie  \nÀ cet endroit, où on a arraché les mûriers et les vignes sauvagespour faire place au Golf municipal de Medallion, il y avait jadis un quartier. Il s’étalait sur les collines au-dessus de la vallée où était Medallion et descendait jusqu’au fleuve. Maintenant on appelle ça labanlieue, mais quand des Noirs y vivaient c’était le Fond. Une route ombragée par des chênes, des érables, des hêtres et des marronniers, reliait l’endroit à la vallée. Aujourd’hui les hêtres ont disparu, comme les poiriers où se perchaient les enfants pour apostropher les passants à travers les fleurs. Des crédits importants ont été accordéspour raser les maisons décrépites et dévastées qui s’entassaient sur la route menant de la ville au terrain de golf. On va raser l’académie de billard Time and a Half, où jadis de longs pieds chaussés de cuirfauve pendaient aux barreaux des chaises. Une boule en fonte va pulvériser le Palais de Cosmétologie d’Irene où les femmess’assoupissaient, la nuque posée sur un bac à shampooing, pendant qu’Irene les frictionnait au Nu Nile. Des hommes en treillis kaki arracheront bientôt les planches du Reba’s Grill où la propriétaire cuisinait, chapeau sur la tête, sans quoi elle oubliait les ingrédients.  \nIl ne restera rien du Fond (la passerelle au-dessus du fleuve a déjà disparu) mais c’est peut-être aussi bien, puisque ce n’était pas vraiment une ville : seulement un quartier d’où, par temps calme, les gens de la vallée pouvaient entendre parfois chanter, parfois jouer du banjo, et s’il arrivait qu’un homme de la vallée ait affaire là-haut dans les collines – pour toucher un loyer ou une prime d’assurances – il pouvait y voir une femme au teint sombre exécuter quelques pas de cakewalk, esquisser un black-bottom, se déhancher au rythme  \nentraînant d’un harmonica. Ses pieds nus faisaient voler la poussière safran qui retombait sur la salopette et les chaussures éclatées par les cors de celui qui soufflait la musique dans son harmonica. Les gens de couleur qui la regardaient riaient et se frottaient les genoux, et l’homme de la vallée n’avait aucun mal à entendre le rire sans remarquer la douleur humaine qui se tenait quelque part sous les paupières, quelque part sous les foulards de tête, les chapeaux defeutre souple, dans les paumes des mains, derrière les revers usés, quelque part dans la courbe des tendons. Il lui aurait fallu être au fond de l’église Saint-Matthieu et se laisser vêtir de soie par la voix du ténor, ou toucher les mains des sculpteurs de cuillers (quin’avaient plus de travail depuis huit ans) et permettre aux doigts qui dansaient sur le bois de lui embrasser la peau. Autrement la douleur lui échapperait, même si le rire faisait partie de la douleur.  \nUn rire chantant qui mouille les yeux et claque les genoux et qui pourrait même décrire et expliquer pourquoi ils en étaient arrivés là .  \nUne blague. Une blague de nègre. C’est comme ça que c’est parti. Pas la ville, bien sûr, mais ce bout de la ville où vivaient les Noirs, cetendroit qu’on appelait le Fond même si c’était là-haut dans les collines. Rien qu’une blague de nègre. Du genre de celles queracontent les braves Blancs quand l’usine a fermé et qu’ils regardentailleurs pour se remonter le moral. Du genre de celles que les gens decouleur se racontent à eux-mêmes quand la pluie ne vient pas ou qu’elle tombe pendant des semaines et q","cbCaibizk6elMVj3","https://ap.wps.com/l/cbCaibizk6elMVj3","pdf",912517,1,134,"French","fr",114,"# Première partie\n## Transformation du Fond\n## Mémoire, musique et rire\n## La blague et la terre promise","[{\"question\":\"Quel est le « Fond » évoqué au début du récit ?\",\"answer\":\"Le « Fond » désigne un quartier habité par les Noirs, situé sur les collines au-dessus de la vallée, même si aujourd’hui l’endroit est remodelé et rebaptisé. Le texte souligne aussi la vie culturelle et sonore qui y existait.\"},{\"question\":\"Pourquoi le texte rapproche-t-il le rire de la douleur ?\",\"answer\":\"Le récit suggère que le rire fait partie de la douleur et qu’il peut masquer ou décrire les raisons pour lesquelles les personnages en sont arrivés là. 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