[{"data":1,"prerenderedAt":-1},["ShallowReactive",2],{"doc-detail-38588-fr":3,"doc-seo-38588-114":29},{"code":4,"msg":5,"data":6},0,"success",{"doc_id":7,"user_id":8,"nickname":9,"user_avatar":10,"doc_module":4,"category_id":11,"category_name":12,"doc_title":13,"doc_description":14,"doc_content":15,"file_id":16,"file_url":17,"file_type":18,"file_size":19,"view_count":4,"is_deleted":4,"is_public":20,"is_downloadable":20,"audit_status":20,"page_count":21,"language":22,"language_code":23,"site_id":24,"html_lang":23,"table_of_contents":25,"faqs":26,"seo_title":13,"seo_description":14,"update_tm":27,"read_time":28},38588,13056703019662,"Evangeline","https://ap-avatar.wpscdn.com/avatar/be000253a8e92610077?_k=1778726343310543188",59,"Littérature","Simone de Beauvoir Le Deuxième Sexe Tome 2","Étude philosophique et critique de la condition féminine dans le second tome, centrée sur l’« expérience vécue » et la façon dont la femme apprend sa situation au sein de la civilisation. L’introduction présente l’enjeu: comprendre comment l’éducation et les mœurs façonnent un destin traditionnel, notamment la subordination au mariage, tout en préparant un avenir nouveau. Le chapitre sur l’enfance développe l’idée: « on ne naît pas femme, on le devient », sous l’effet de la médiation d’autrui.","Simone de Beauvoir  \nLE DEUXIÈMESEXE  \nII L’expérience vécue  \nFRANCE LOISIRS  \n123, boulevard de Grenelle, Paris  \nÉdition du Club France Loisirs, Paris, avec l’autorisation des Éditions Gallimard  \n© Éditions Gallimard, 1949 Renouvelé en 1976  \nFrance Loisirs, 1990, pour la préface ISBN 2-7242-4851-1  \nQuel malheur que d’être femme ! et pourtant le pire malheur quand on est femme est au fond de ne pas comprendre que c’en est un.  \nKIERKEGAARD.  \nÀ moitié victimes, à moitié complices, comme tout le monde.  \nJ.-P. SARTRE.  \nINTRODUCTION  \nLes femmes d’aujourd’hui sont en train de détrôner le mythe de la féminité ; elles commencent à affirmer concrètement leurindépendance ; mais ce n’est pas sans peine qu’elles réussissent à vivre intégralement leur condition d’être humain. Élevées par des femmes, au sein d’un monde féminin, leur destinée normale est le mariage qui les subordonne encore pratiquement à l’homme ; le prestige viril est bien loin de s’être effacé : il repose encore sur de solides bases économiques et sociales. Il est donc nécessaired’étudier avec soin le destin traditionnel de la femme. Comment la femme fait-elle l’apprentissage de sa condition, comment l’éprouvet-elle, dans quel univers se trouve-t-elle enfermée, quelles évasions lui sont permises, voilà ce que je chercherai à décrire. Alorsseulement nous pourrons comprendre quels problèmes se posent aux femmes qui, héritant d’un lourd passé, s’efforcent de forger un avenir nouveau. Quand j’emploie les mots « femme » ou « féminin » je ne me réfère évidemment à aucun archétype, à aucune immuable essence ; après la plupart de mes affirmations il faut sous-entendre « dans l’état actuel de l’éducation et des mœurs » . Il ne s’agit pas icid’énoncer des vérités éternelles mais de décrire le fond commun sur lequel s’enlève toute existence féminine singulière.  \nPREMIÈRE PARTIE FORMATION  \nCHAPITRE PREMIER  \nENFANCE  \nOn ne naît pas femme : on le devient. Aucun destin biologique, psychique, économique ne définit la figure que revêt au sein de la société la femelle humaine ; c’est l’ensemble de la civilisation qui élabore ce produit intermédiaire entre le mâle et le castrat qu’on qualifie de féminin. Seule la médiation d’autrui peut constituer un individu comme un Autre. En tant qu’il existe pour soi, l’enfant nesaurait se saisir comme sexuellement différencié . Chez les filles et les garçons, le corps est d’abord le rayonnement d’une subjectivité, l’instrument qui effectue la compréhension du monde : c’est à travers les yeux, les mains, non par les parties sexuelles qu’ils appréhendentl’univers. Le drame de la naissance, celui du sevrage se déroulent dela même manière pour les nourrissons des deux sexes ; ils ont les mêmes intérêts et les mêmes plaisirs ; la succion est d’abord la source de leurs sensations les plus agréables ; puis ils passent par une phase anale où ils tirent leurs plus grandes satisfactions des fonctions excrétoires qui leur sont communes ; leur développement génital est analogue ; ils explorent leur corps avec la même curiosité et la même indifférence ; du clitoris et du pénis ils tirent un mêmeplaisir incertain ; dans la mesure où déjà leur sensibilité s’objective, elle se tourne vers la mère : c’est la chair féminine, douce, lisse,élastique, qui suscite des désirs sexuels et ces désirs sont préhensifs ; c’est d’une manière agressive que la fille comme le garçon embrassesa mère, la palpe, la caresse ; ils ont la même jalousie s’il naît un nouvel enfant ; ils la manifestent par les mêmes conduites : colères, bouderie, troubles urinaires ; ils recourent aux mêmes coquetteries pour capter l’amour des adultes. Jusqu’à douze ans la fillette estaussi robuste que ses frères, elle manifeste les mêmes capacités intellectuelles ; il n’y a aucun domaine où il lui soit interdit de rivaliser avec eux. Si, bien avant la puberté, et parfois même dès satoute petite enfance, elle nous apparaît déjà comme sexuellement spécifiée, ce n’est pas que de mystérieux instinct","cbCaiud9UuHdzesO","https://ap.wps.com/l/cbCaiud9UuHdzesO","pdf",3195712,1,521,"French","fr",114,"# Introduction\n## Formation\n# Chapitre premier: Enfance","[{\"question\":\"Quelle thèse centrale ouvre le tome consacré à l’expérience vécue ?\",\"answer\":\"Les femmes affirment progressivement leur indépendance, mais leur vivre intégralement leur condition d’être humain reste difficile. 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