[{"data":1,"prerenderedAt":-1},["ShallowReactive",2],{"doc-detail-37933-fr":3,"doc-seo-37933-114":29},{"code":4,"msg":5,"data":6},0,"success",{"doc_id":7,"user_id":8,"nickname":9,"user_avatar":10,"doc_module":4,"category_id":11,"category_name":12,"doc_title":13,"doc_description":14,"doc_content":15,"file_id":16,"file_url":17,"file_type":18,"file_size":19,"view_count":4,"is_deleted":4,"is_public":20,"is_downloadable":20,"audit_status":20,"page_count":21,"language":22,"language_code":23,"site_id":24,"html_lang":23,"table_of_contents":25,"faqs":26,"seo_title":13,"seo_description":14,"update_tm":27,"read_time":28},37933,962075114765,"Quinn","https://ap-avatar.wpscdn.com/davatar_a8503ba1806abce46bf441b54a3ca4cd",59,"Littérature","Roman, Prix Goncourt 2011 — L’art français de la guerre","L’art français de la guerre suit un narrateur engagé dans une période de préparatifs entourant la guerre du Golfe au début des années 1990, où la télévision diffuse des chiffres précis et des images neutres qui façonnent la perception collective. Tandis que les soldats affrontent la chaleur et la logistique, le protagoniste choisit l’irresponsabilité et organise son absence du travail par des arrêts maladie falsifiés. La neige, la distance simulée et l’entraide d’une amie complètent une chronique de l’évitement, du mensonge administratif et du décalage entre réalité et récit médiatique.","ALEXIS JENNI  \nL’ART FRANÇAIS DE LA GUERRE  \nroman  \nGALLIMARD  \nQu’est-ce qu’un héros ? Ni un vivant ni un mort, un […] quipénètre dans l’autre monde et qui en revient.  \nPascal QUIGNARD  \nC’était tellement bête. On a gâché les gens.  \nBrigitte FRIANG  \nLe meilleur ordre des choses, à mon avis, est celui où j’endevais être ; et foin du plus parfait des mondes si je n’en suispas.  \nDenis DIDEROT  \nCOMMENTAIRES I  \nLe départ pour le Golfe des spahis de Valence  \nLes débuts de 1991 furent marqués par les préparatifs de la guerre du Golfe et les progrès de ma totale irresponsabilité . Laneige recouvrit tout, bloquant les trains, étouffant les sons. Dans le Golfe heureusement la température avait baissé, les soldats cuisaient moins que l’été où ils s’arrosaient d’eau, torse nu, sansenlever leurs lunettes de soleil. Oh ! ces beaux soldats de l’été, dont presque aucun ne mourut ! Ils vidaient sur leur tête des bouteilles entières dont l’eau s’évaporait sans atteindre le sol, ruisselant sur leur peau et s’évaporant aussitôt, formant autour deleur corps athlétique une mandorle de vapeur parcourue d’arcsen-ciel. Seize litres ! devaient-ils boire chaque jour, les soldats del’été, seize litres ! tellement ils transpiraient sous leur équipement dans cet endroit du monde où l’ombre n’existe pas. Seize litres ! Latélévision colportait des chiffres et les chiffres se fixaient comme se fixent toujours les chiffres : précisément. La rumeur colportait des chiffres que l’on se répétait avant l’assaut. Car il allait être donné, cet assaut contre la quatrième armée du monde, l’Invincible Armée Occidentale allait s’ébranler, bientôt, et en face les Irakiens s’enterraient derrière des barbelés enroulés serré, derrière des mines sauteuses et des clous rouillés, derrière destranchées pleines de pétrole qu’ils enflammeraient au dernier moment, car ils en avaient, du pétrole, à ne plus savoir qu’en faire, eux. La télévision donnait des détails, toujours précis, on fouillait les archives au hasard. La télévision sortait des images d’avant,  \ndes images neutres qui n’apprenaient rien ; on ne savait rien del’armée irakienne, rien de sa force ni de ses positions, on savait juste qu’elle était la quatrième armée du monde, on le savait parce qu’on le répétait. Les chiffres s’impriment car ils sont clairs, ons’en souvient donc on les croit. Et cela durait, cela durait. On ne voyait plus la fin de tous ces préparatifs.  \nAu début de 1991 je travaillais à peine. J’allais au travail lorsque j’étais à bout d’idées pour justifier mon absence. Jefréquentais des médecins qui signaient sans même m’écouter de stupéfiants arrêts maladie, et je m’appliquais encore à les prolonger par un lent travail de faussaire. Le soir sous la lampe je redessinais les chiffres en écoutant des disques, au casque, mon univers réduit au cercle de la lampe, réduit à l’espace entre mes deux oreilles, réduit à la pointe de mon stylo bleu qui lentementm’accordait du temps libre. Je répétais au brouillon, puis d’un geste très sûr je transformais les signes tracés par les médecins. Cela doublait, triplait le nombre de jours où je pourrais rester auchaud, rester loin du travail. Je n’ai jamais su si cela suffisait de modifier les signes pour changer la réalité, de repasser des chiffres au stylo-bille pour échapper à tout, je ne me demandais jamais sicela pouvait être consigné ailleurs que sur l’ordonnance, mais peu importe ; le travail où j’allais était si mal organisé que parfois quand je n’y allais pas on ne s’en apercevait pas. Quand lelendemain je revenais, on ne me remarquait pas plus que lorsque je n’étais pas là ; comme si l’absence n’était rien. Je manquais, et mon manque n’était pas vu. Alors je restais au lit.  \nUn lundi du début de 1991 j’appris à la radio que Lyon étaitbloquée par la neige. Les chutes de la nuit avaient coupé les câbles, les trains restaient en gare, et ceux qui avaient été surpris dehors se couvraient d’édredons blancs. Les gens à l’intérieur essayaient de ne pas pa","cbCaiuSidW8ldnNQ","https://ap.wps.com/l/cbCaiuSidW8ldnNQ","pdf",3061297,1,620,"French","fr",114,"# Le départ pour le Golfe des spahis de Valence\n## Les préparatifs et la guerre racontée par la télévision\n## L’absentéisme, les arrêts maladie et la falsification\n## La neige et la mise en scène de la distance","[{\"question\":\"Quel rôle jouent les chiffres et la télévision dans le roman au début de 1991 ?\",\"answer\":\"La télévision colporte des chiffres précis et des détails répétées, qui se fixent dans les esprits et finissent par être crus. 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