[{"data":1,"prerenderedAt":-1},["ShallowReactive",2],{"doc-detail-41861-fr":3,"doc-seo-41861-114":30,"detail-sidebar-cat-0-fr-114":91},{"code":4,"msg":5,"data":6},0,"success",{"doc_id":7,"user_id":8,"nickname":9,"user_avatar":10,"doc_module":4,"category_id":11,"category_name":12,"doc_title":13,"doc_description":14,"doc_content":15,"file_id":16,"file_url":17,"file_type":18,"file_size":19,"view_count":20,"is_deleted":4,"is_public":21,"is_downloadable":21,"audit_status":21,"page_count":22,"language":23,"language_code":24,"site_id":25,"html_lang":24,"table_of_contents":26,"faqs":27,"seo_title":13,"seo_description":14,"update_tm":28,"read_time":29},41861,1099514067438,"River Wang","https://ap-avatar.wpscdn.com/avatar/100002539ee87300030?x-image-process=image/resize,m_fixed,w_180,h_180&k=1780474512215547542",59,"Littérature","Rimbaud, le bateau ivre","Poème en français de Rimbaud, articulé autour de l’image du « bateau ivre » emporté par les fleuves, les tempêtes et les marées. Le texte juxtapose une dissolution du contrôle et une luxuriance hallucinée des paysages marins, peuplés d’images cosmologiques, animales et mythiques. La trajectoire mène à des visions radicales du ciel, de la lumière et de la mer, jusqu’au désir amer d’une eau de l’Europe. Le document comprend aussi une seconde partie consacrée aux « Étrennes des orphelins ».","LE BATEAU IVRE  \nTous droits réservés  \nComme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :  \nDes Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.  \nJ'étais insoucieux de tous les équipages, Porteur de blés flamands ou de cotons anglais. Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.  \nDans les clapotements furieux des marées,  \nMoi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants, Je courus ! Et les Péninsules démarrées  \nN'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.  \nLa tempête a béni mes éveils maritimes.  \nPlus léger qu'un bouchonj'ai dansé sur les flots Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes, Dix nuits, sans regretter l'œil niais des falots !  \nPlus douce qu'aux enfants la chair des pommes sures,  \nL'eau verte pénétra ma coque de sapin Et des taches de vins bleus et des vomissures Me lava, dispersant gouvernail et grappin.  \nEt dès lors, je me suis baigné dans le Poème De la Mer, infusé d'astres, et lactescent, Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême Et ravie, un noyé pensifparfois descend ;  \nOù, teignant tout à coup les bleuités, délires Et rhythmes lents sous les rutilements du jour, Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres, Fermentent les rousseurs amères de l'amour !  \nJe sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes Et les ressacs et les courants : je sais le soir,  \nL'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes, Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !  \nJ'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques, Illuminant de longs figements violets,  \nPareils à des acteurs de drames très-antiques Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !  \nJ'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies, Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs, La circulation des sèves inouïes  \nEt l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !  \nJ'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries Hystériques, la houle à l'assaut des récifs, Sans songer que les pieds lumineux des Maries Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !  \nJ'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux  \nD'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !  \nJ'ai vu fermenter les marais énormes, nasses Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan ! Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces, Et les lointains vers les gouffres cataractant !  \nGlaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !Échouages hideux au fond des golfes bruns  \nOù les serpents géants dévorés des punaises  \nChoient, des arbres tordus, avec de noirs parfums ! 10  \nJ'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades  \nDu flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.  \n-Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.  \nParfois, martyr lassé des pôles et des zones,  \nLa mer dont le sanglot faisait mon roulis doux Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...  \nPresque île, ballottant sur mes bords les querelles Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds. Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles Des noyés descendaient dormir, à reculons !  \nOr moi, bateau perdu sous les cheveux des anses, Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau, Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;  \nLibre, fumant, monté de brumes violettes, Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur Qui porte, confiture exquise aux bons poètes, Des lichens de soleil et des morves d'azur ;  \nQui courais, taché de lunules électriques,  \nPlanche folle, escorté des hippocampes noirs, Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;  \nMoi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues  \nLe rut des Béhémots et les Maelstroms épa","cbCailTxZortetwo","https://ap.wps.com/l/cbCailTxZortetwo","pdf",455600,4,1,45,"French","fr",114,"# Le Bateau ivre\n## Voyages et visions maritimes\n# LES ÉTRENNES DES ORPHELINS\n## I\n## II","[{\"question\":\"Quel est le thème central du « Bateau ivre » ?\",\"answer\":\"Le poème décrit la dérive du « bateau ivre » et la perte de guidage, portée par les fleuves et la tempête, jusqu’à des visions marines éclatées et incontrôlables.\"},{\"question\":\"Comment la mer et la lumière sont-elles représentées dans le texte ?\",\"answer\":\"La mer est un milieu vivant et transformateur, traversé par des couleurs et des forces immenses. 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