[{"data":1,"prerenderedAt":-1},["ShallowReactive",2],{"doc-detail-38383-fr":3,"doc-seo-38383-114":29},{"code":4,"msg":5,"data":6},0,"success",{"doc_id":7,"user_id":8,"nickname":9,"user_avatar":10,"doc_module":4,"category_id":11,"category_name":12,"doc_title":13,"doc_description":14,"doc_content":15,"file_id":16,"file_url":17,"file_type":18,"file_size":19,"view_count":4,"is_deleted":4,"is_public":20,"is_downloadable":20,"audit_status":20,"page_count":21,"language":22,"language_code":23,"site_id":24,"html_lang":23,"table_of_contents":25,"faqs":26,"seo_title":13,"seo_description":14,"update_tm":27,"read_time":28},38383,1374391975076,"Riley","https://ap-avatar.wpscdn.com/davatar_994ba38a5ba835b3df7d355c54d3ed8d",59,"Littérature","Pour une littérature-monde","Recueil d’essais et de prises de parole coordonné par Michel Le Bris et Jean Rouaud autour de l’idée d’une littérature ouverte sur le monde. Le texte présente, à travers un exemple, la trajectoire d’un écrivain prussien lié à l’Allemagne du IIIe Reich et à la dénonciation du nazisme, puis interroge la notion de foi en l’homme face à la barbarie. La réflexion relie lecture, mémoire, langue et espace, en montrant comment l’œuvre éclaire une vocation littéraire et une “haute idée” de la littérature.","# Pour unelittérature-monde\n\nSous la direction deMichel Le Bris et Jean Rouaud  \nGallimard  \n# POUR UNE LITTÉRATURE-M ONDE\n\nP866  \nPOUR UNELITTÉRATURE-MONDE  \nSous la direction de Michel Le Bris et Jean Rouaud  \npar  \nEva Almassy*Tahar Ben Jelloun  \nMaryse Condé*Dai Sijie*Ananda Devi*Chahdortt DjavannÉdouard Glissant*Jacques Godbout*Nancy HustonFabienne Kanor*Dany Laferriere*Michel LayazMichel Le Bris*Alain Mabanckou*Anna MoiWajdi Mouawad*Nimrod*Esther Orner*Gregoire PoletRaharimanana*Patrick Raynal*Jean RouaudBoualem Sansal*Brina Svit*Lyonel TrouillotGary Victor*Abdourahman A.Waberi  \nGALLIMARD  \nBM0679623  \n## Mort dune certaine idée\n\nJEAN ROUAUD  \n100  \nCétait à Hambourg,ou peut-etre Hanovre,mais àcoup sûr dans une ville allemande puisque j'avais choiside rendre hommage à un auteur dont personne ne parleplus et que les Allemands eux-memes,du moins ceux quis'en souviennent,considèrent avec un certain mépris,s'étonnant que je m’intéresse à un écrivain qu'ils classentdans la catégorie Grund und Blut,autrement dit de laterre et du sang,ce qui,par les temps qui courent,n'estjamais bon signe,comme s'il sentait le soufre et les ren-voyait aux pires moments de leur histoire,et pour un peuils en feraient,sans Iavoir lu,un des ardents propagandis-tes du cauchemar allemand,alors qu'un jour de 1935Ernst Wiechert,romancier et professeur,prit sur lui—etle courage n'était pas la chose la mieux partagée à cetteépoque,le risque étant assuré sur sa propre vie —de dé-noncer du haut de sa chaire au grand auditorium deI'université de Munich,c'est-à-dire au ccur de la ma-chine nazie,la politique du maitre du troisieme Reich,cequi fut percu comme un appel à la résistance,et lui valutd'être aussitôt arrêté et envoyé au camp de Buchenwald,sejour qu'il évoquera dans Le bois des morts et,quelques  \n## Mort dune certaine idée\n\n8  \nannées plus tard,dans Missa sine nomine,un roman cré-pusculaire où,comme tous ceux qui ont eu à souffrir dela barbarie de leurs semblables,il se posait la questioncentrale,non pas du pardon —sauf,in fine,une rédemp-tion par I'amour,pour la jeune fille dont la classe desbourreaux avait enrégimenté la fragile jeunesse —,maisde la foi en I’homme.La poste allemande a édité un tim-bre de lui.On lui voit un beau visage,doux et triste,carcomment faire bonne figure après la traversée des plusgrandes douleurs,mais on est heureux que ce soit cethomme qui nous ait donné L'enfant élu,La grande per-mission,Les enfants Jéromine et quelques autres romansinspirés de sa Prusse-Orientale et d'un christianisme d'unautre temps,où toute parole était un éclat du Verbe.Etdésormais nous nous fierons à la poste allemande pour cequi releve de la critique littéraire de ce pays.  \nEt si j'avais choisi d'honorer sa mémoire,c'est que lalecture de ses livres,à quinze ans,avait marqué ma pre-mière rencontre avec la littérature,c'est-à-dire avecIaurore aux doigts de rose,avec des récits qui ne se résu-ment pas à la somme d'événements qui vous tiennent enhaleine.Meme si maintenant je vois bien que cet intéretne tenait pas qu'à la seule poésie du texte.Cette décou-verte était d’abord,à travers le temps,Iespace et le pas-sage d'une langue à une autre,une rencontre.Dans L'en-fant élu,qui raconte I'histoire d’un enfant sans pèreprénommé Jean,vivant dans cette partie de la Prusse-Orientale,marécageuse et boisée,où la religion envahis-sante pèse de tout le poids du Ciel sur la conscience et lecomportement de es habitants,quelqu'un pour la pre-mière fois me parlait à l'oreille d'un presque moi.Mais de  \nJean Rouaud  \nce qui me crève les yeux aujourd'hui,ces similitudes,jen'étais pas conscient alors.Simplement,cet universm³était familier,pour lequel je n'avais pas besoin de faireun grand effort d'imagination.Un pays humide,une so-ciété rurale qui ne peut plus faire semblant de vivre enautarcie,d'ignorer les lumières de la ville et de restersourde aux rumeurs du monde (ce sont les memes jeunesgens de L'enfant élu qui dans sa suite,La grande permis-sion,se retrouvent ","cbCaipDIUMYcE8US","https://ap.wps.com/l/cbCaipDIUMYcE8US","pdf",13822192,1,343,"French","fr",114,"# Mort d’une certaine idée\n## Cheminement et lecture fondatrice","[{\"question\":\"Quels auteurs et directeurs encadrent le projet présenté dans le document ?\",\"answer\":\"Le document est sous la direction de Michel Le Bris et Jean Rouaud, avec la participation de plusieurs écrivains cités dans la page d’ouverture.\"},{\"question\":\"Pourquoi Jean Rouaud s’intéresse-t-il à Ernst Wiechert ?\",\"answer\":\"Il choisit d’honorer sa mémoire car la lecture de ses livres, à quinze ans, a marqué sa première rencontre avec la littérature.\"},{\"question\":\"Quel aspect de l’écriture de Wiechert séduit particulièrement l’auteur du texte ?\",\"answer\":\"La tonalité biblique de son écriture, liée à une 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