[{"data":1,"prerenderedAt":-1},["ShallowReactive",2],{"doc-detail-38700-fr":3,"doc-seo-38700-114":29},{"code":4,"msg":5,"data":6},0,"success",{"doc_id":7,"user_id":8,"nickname":9,"user_avatar":10,"doc_module":4,"category_id":11,"category_name":12,"doc_title":13,"doc_description":14,"doc_content":15,"file_id":16,"file_url":17,"file_type":18,"file_size":19,"view_count":4,"is_deleted":4,"is_public":20,"is_downloadable":20,"audit_status":20,"page_count":21,"language":22,"language_code":23,"site_id":24,"html_lang":23,"table_of_contents":25,"faqs":26,"seo_title":13,"seo_description":14,"update_tm":27,"read_time":28},38700,7971461741311,"Ophelia","https://ap-avatar.wpscdn.com/avatar/74000253aff267980c6?x-image-process=image/resize,m_fixed,w_180,h_180&k=1779345379180704826",59,"Littérature","Petit traité sur l’immensité du monde","Texte littéraire de Sylvain Tesson consacré au nomadisme comme réponse à l’échappée du temps. L’ouvrage oppose les mouvements contemporains, portés par le cyberespace et les tendances, aux nomadismes historiques et errants, plus lents et sans appartenance. Il célèbre une figure de voyageur solitaire, tissant un destin par l’avancée, et relie la marche à pied à une manière de freiner le temps. L’écriture, à Paris, salue ces ombres qui passent.","Sylvain Tesson  \nPetit trait é sur l’immensit é du monde  \nÉditions des Équateurs  \nCome, come, come, let us leave, let us leave the town.  \nHenry Purcell, Fairy Queen.  \nJe voyais desfées partout.  \nPaul Fort.  \nÀ Lei, queje vois partout.  \nAvant-propos  \nLes internautes naviguent dans les corridors virtuels du cyberworld, des hordes en rollers transhument dans les couloirs de bus. Des millions de têtes sont traversées par les particulesondulatoires des SMS. Des tribus de vacanciers pareils aux gnousd’Afrique migrent sur les autoroutes vers le soleil, le nouveau dieu !  \nC’est en vogue : on court, on vaque. On se tatoue, on se mondialise. On se troue de piercings pour avoir l’air tribal. Un touriste s’envoie dans l’espace pour vingt millions de dollars. « Bougez-vous ! » hurle la pub. « À fond la forme ! » On se connecte, on est joignable en permanence. On s’appelle pour faire un jogging. L’État étend le réseaude routes : la pieuvre de goudron gagne. Le ciel devient petit : il y a des collisions d’avions.  \nPendant que les TGV fusent, les paysans disparaissent. « Tout fout le camp », disent les vieux qui ne comprennent rien. En fait, rien ne fout le camp, ce sont les gens qui ne tiennent plus en place. Mais ce nomadisme-là n’est qu’une danse de Saint-Guy.  \nC’est la revanche d’Abel. Selon la Bible, Caïn, le paysan, a tué son frère Abel, le berger, d’un coup de pierre à la tête. Ce geste fut à l’origine de l’hostilité entre les cultivateurs et les nomades. Depuis, l’ordre du monde reposait sur la puissance des premiers : la charrue était supérieure au bâton du pâtre. Mais les temps du néo-nomadismesont arrivés !  \nLe nomadisme historique, lui, est une malédiction de peuples éleveurs poussant leurs bêtes hors de la nuit des temps et divaguant dans les territoires désolés du monde, à la recherche de pâturages pour leur camp. Ces vrais nomades sont des errants qui rêveraient de  \ns’installer. Il ne faut pas confondre leurs lentes transhumances, inquiètes et tragiques, avec les tarentelles que dansent les néo-agités du XXIe siècle, au rythme des tendances urbaines.  \nIl est cependant une autre catégorie de nomades. Pour eux, nitarentelle ni transhumance. Ils ne conduisent pas de troupeaux et n’appartiennent à aucun groupe. Ils se contentent de voyagersilencieusement, pour eux-mêmes, parfois en eux-mêmes. On les croise sur les chemins du monde. Ils vont seuls, avec lenteur, sans autre but que celui d’avancer.  \nComme le requin que son anatomie condamne à nager perpétuellement, ils vivent en mouvement. Ils ressemblent un peu aux navettes de bois qui courent sans aucun bruit sur la trame des hautes lisses et dont les allées et venues finissent par créer une tapisserie. Euxils se tissent un destin, pas à pas. Le défilement des kilomètres suffit à donner un sens à leur voyage. Ils n’ont pas de signes de reconnaissance, pas de rites. Impossible de les assimiler à une confrérie : ils n’appartiennent qu’au chemin qu’ils foulent. Ilstraversent les pays autant que les époques et, selon les âges, ils ontreçu des noms différents : moines-mendiants, troubadours, voyageurs, hobos ou beatniks, ermites des taïgas, cavaliers au long cours, trappeurs ou coureurs des bois, vagabonds, wanderer ou waldganger, errants ou loups des steppes… Leur unique signe distinctif : ne pas supporter que le soleil, à son lever, parte sans eux.  \nÀ Paris, j’écris ces lignes pour saluer leurs ombres qui passent, furtives, sur le tapis du monde. Parmi elles, j’ose reconnaître la mienne et me croire, moi aussi, un baladin du monde occidental.  \n1  \nVoyager contre le temps  \nUne force extérieure m’emporte sur la terre avec la régularité d’un battant d’horloge. Un coup à l’est, un coup à l’ouest : de l’une à l’autreextrémité du continent eurasiatique (c’est là que je situe pour l’instant mon domaine de prédilection, entre le Pacifique et l’Atlantique ; j’attends d’être plus vieux pour le Nouveau Monde) . Je me laisse faire, sans résister, parce ce que j’ai détecté dans le","cbCaiiLWEIn2wNCQ","https://ap.wps.com/l/cbCaiiLWEIn2wNCQ","pdf",435805,1,83,"French","fr",114,"# Avant-propos\n## Le nomadisme face au monde contemporain\n# Voyager contre le temps\n## Le mouvement comme réponse au temps","[{\"question\":\"Quel rôle joue le nomadisme dans la réflexion de l’auteur sur le temps ?\",\"answer\":\"Le nomadisme est présenté comme la meilleure réponse à l’échappée du temps : au lieu de vouloir le rattraper, il s’agit de parvenir à lui être indifférent en le freinant par l’avancée et les kilomètres.\"},{\"question\":\"Comment le texte distingue-t-il les différents types de nomadisme ?\",\"answer\":\"Il oppose le nomadisme historique, lié à la transhumance et aux peuples éleveurs, au néo-nomadisme contemporain, plutôt guidé par les tendances urbaines. 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