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Le texte développe une mise en cause de la naissance comme source de peur, de désastres et d’infirmités, tout en opposant le mal véritable, situé derrière, au récit rassurant d’un salut possible. Il explore la déception, la fuite de la catastrophe initiale, et une voie de défaire/dé-créer, traversée par une ambiguïté spirituelle et une exigence de lucidité.",{"@graph":58,"@context":115},[59,76,98],{"@type":60,"itemListElement":61},"BreadcrumbList",[62,67,70,73],{"item":63,"name":64,"@type":65,"position":66},"https://docshare.wps.com","Home","ListItem",1,{"item":68,"name":9,"@type":65,"position":69},"https://docshare.wps.com/fr/document/",2,{"item":71,"name":26,"@type":65,"position":72},"https://docshare.wps.com/fr/document/littérature/",3,{"item":74,"name":54,"@type":65,"position":75},"https://docshare.wps.com/fr/document/on-the-inconvenience-of-being-born/341663/",4,{"url":74,"name":54,"@type":77,"image":78,"author":83,"headline":54,"publisher":86,"fileFormat":89,"inLanguage":52,"description":56,"dateModified":90,"datePublished":91,"encodingFormat":89,"isAccessibleForFree":92,"interactionStatistic":93},"DigitalDocument",{"url":79,"@type":80,"width":81,"height":82},"https://docshare.wps.com/thumbnails/on-the-inconvenience-of-being-born/341663.png","ImageObject",300,407,{"name":84,"@type":85},"Valentina","Person",{"url":63,"name":87,"@type":88},"DocShare","Organization","application/pdf","2026-10-04","2026-09-22",true,{"@type":94,"interactionType":95,"userInteractionCount":97},"InteractionCounter",{"@type":96},"ViewAction",11,{"@type":99,"mainEntity":100},"FAQPage",[101,107,111],{"name":102,"@type":103,"acceptedAnswer":104},"Pourquoi l’auteur relie-t-il l’angoisse au fait d’être né ?","Question",{"text":105,"@type":106},"L’auteur décrit la naissance comme une catastrophe de l’origine : la peur de la mort devient la projection dans l’avenir d’une angoisse qui remonte au premier instant.","Answer",{"name":108,"@type":103,"acceptedAnswer":109},"Quel rôle joue la déception dans la compréhension du texte ?",{"text":110,"@type":106},"La déception survient chez certains au même moment que l’acte, donnant une certitude foudroyante qui transforme le détrompé en délivré.",{"name":112,"@type":103,"acceptedAnswer":113},"Que signifie « défaire, dé-créer » dans la démarche de l’auteur ?",{"text":114,"@type":106},"La seule tâche que l’homme puisse s’assigner consiste à se distinguer du Créateur, par une œuvre de déconstruction plutôt que par une construction de sens.","https://schema.org",{"og:url":74,"og:type":117,"og:title":54,"og:site_name":87,"og:description":56},"article",{"robots":119,"canonical":74},"index,follow",{"doc_id":121,"site_id":51},341663,1790199074,{"code":4,"msg":5,"data":124},{"doc_id":121,"user_id":125,"nickname":84,"user_avatar":126,"doc_module":4,"category_id":25,"category_name":26,"doc_title":54,"doc_description":56,"doc_content":127,"file_id":128,"file_url":129,"file_type":130,"file_size":131,"view_count":97,"is_deleted":4,"is_public":66,"is_downloadable":66,"audit_status":66,"page_count":132,"language":133,"language_code":52,"site_id":51,"html_lang":52,"table_of_contents":134,"faqs":135,"seo_title":136,"seo_description":56,"update_tm":137,"read_time":138},13056703020460,"https://ap-avatar.wpscdn.com/avatar/be000253dac470eee5d?_k=1778207105932848923","Cioran  \nDe l’inconvénientd’être né  \nGallimard  \n© Éditions Gallimard, 1973.  \nI  \nTrois heures du matin. Je perçois cette seconde, et puis cette autre, je fais le bilan de chaque minute.  \nPourquoi tout cela ?—Parce queje suis né.  \nC’est d’un type spécial de veilles que dérive la mise en cause de lanaissance.  \n*  \n« Depuis que je suis au monde » — ce depuis me paraît chargé d’une signification si effrayante qu’elle en devient insoutenable.  \n*  \nIl existe une connaissance qui enlève poids et portée à ce qu’on fait : pour elle ; tout est privé de fondement, sauf elle-même. Pure au point d’abhorrer jusqu’à l’idée d’objet, elle traduit ce savoir extrêmeselon lequel commettre ou ne pas commettre un acte c’est tout un et qui s’accompagne d’une satisfaction extrême elle aussi : celle depouvoir répéter, en chaque rencontre, qu’aucun geste qu’on exécute nevaut qu’on y adhère, que rien n’est rehaussé par quelque trace de substance, que la « réalité » est du ressort de l’insensé . Une telle connaissance mériterait d’être appelée posthume : elle s’opère comme si le connaissant était vivant et non vivant, être et souvenir d’être.« C’est déjà du passé », dit-il de tout ce qu’il accomplit, dans l’instant même de l’acte, qui de la sorte est à jamais destitué de présent.  \n*  \nNous ne courons pas vers la mort, nous fuyons la catastrophe de lanaissance, nous nous démenons, rescapés qui essaient de l’oublier. Lapeur de la mort n’est que la projection dans l’avenir d’une peur qui  \nremonte à notre premier instant.  \nIl nous répugne, c’est certain, de traiter la naissance de fléau : ne nous a-t-on pas inculqué qu’elle était le souverain bien, que le pire se situait à la fin et non au début de notre carrière ? Le mal, le vrai malest pourtant derrière, non devant nous. C’est ce qui a échappée au Christ, c’est ce qu’a saisi le Bouddha : « Si trois choses n’existaient pas dans le monde, ô disciples, le Parfait n’apparaîtrait pas dans lemonde... » Et, avant la vieillesse et la mort, il place le fait de naître, source de toutes les infirmités et de tous les désastres.  \n*  \nOn peut supporter n’importe quelle vérité, si destructrice soit-elle,à condition qu’elle tienne lieu de tout, qu’elle compte autant de vitalité que l’espoir auquel elle s’est substituée.  \n*  \nJe ne fais rien, c’est entendu. Mais je vois les heures passer — ce qui vaut mieux qu’essayer de les remplir.  \n*  \nIl ne faut pas s’astreindre à une œuvre, il faut seulement dire quelque chose qui puisse se murmurer à l’oreille d’un ivrogne ou d’un mourant ?  \n*  \nÀ quel point l’humanité est en régression, rien ne le prouve mieux que l’impossibilité de trouver un seul peuple, une seule tribu, où lanaissance provoque encore deuil et lamentation.  \n*  \nS’insurger contre l’hérédité c’est s’insurger contre des milliardsd’années, contre la première cellule.  \n*  \nIl y a un dieu au départ, sinon au bout, de toute joie.  \n*  \nJamais à l’aise dans l’immédiat, ne me séduit que ce qui me précède, que ce qui m’éloigne d’ici, les instants sans nombre où je ne fus pas : le non-né .  \n*  \nBesoins physique de déshonneur. J’aurais aimé être fils debourreau.  \n*  \nDe quel droit vous mettez-vous à prier pour moi ? Je n’ai pas besoin d’intercesseur, je me débrouillerai seul. De la part d’un misérable, j’accepterais peut-être, mais de personne d’autre, fût-ced’un saint. Je ne puis tolérer qu’on s’inquiète de mon salut. Si jel’appréhende et le fuis, quelle indiscrétion que vos prières ! Dirigez-lesailleurs ; de toute manière, nous ne sommes pas au service des mêmes dieux. Si les miens sont impuissants, il y a tout lieu de croire que les vôtres ne le sont pas moins. En supposant même qu’ils soient tels que vous les imaginez, il leur manquerait encore le pouvoir de me guérird’une horreur plus vieille que ma mémoire.  \n*  \nQuelle misère qu’une sensation ! 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