[{"data":1,"prerenderedAt":-1},["ShallowReactive",2],{"doc-detail-41656-fr":3,"doc-seo-41656-114":30,"detail-sidebar-cat-0-fr-114":91},{"code":4,"msg":5,"data":6},0,"success",{"doc_id":7,"user_id":8,"nickname":9,"user_avatar":10,"doc_module":4,"category_id":11,"category_name":12,"doc_title":13,"doc_description":14,"doc_content":15,"file_id":16,"file_url":17,"file_type":18,"file_size":19,"view_count":20,"is_deleted":4,"is_public":21,"is_downloadable":21,"audit_status":21,"page_count":22,"language":23,"language_code":24,"site_id":25,"html_lang":24,"table_of_contents":26,"faqs":27,"seo_title":13,"seo_description":14,"update_tm":28,"read_time":29},41656,7971461740886,"Theodore","https://ap-avatar.wpscdn.com/davatar_3d24733baf745e90a7e4bdd5f77d97b2",58,"Récits & Romans","Milan Kundera Risibles Amours","Recueillement et ironie animent cette nouvelle, où le narrateur, fraîchement gratifié d’un succès académique, partage une soirée arrosée de slivovice avec Klara. Une lettre d’admiration de M. Zaturecky déclenche un conflit discret: on lui demande de rédiger une note de lecture destinée à faire plier un article refusé. Entre amour, rancune et calculs d’influence, le texte interroge la vanité intellectuelle et le glissement progressif vers la confrontation.","Milan Kundera Risibles Amours  \nTraduit du tchèque par François Kérel  \nNOUVELLE ÉDITION REVUE PAR L’AUTEUR  \nGallimard  \nTitre original :  \nSMĚŠNÉ LÁSKY  \n© Milan Kundera, 1968.  \n© Éditions Gallimard, 1970, pour la traduction française et 1986 pour la traduction française revue par l’auteur.  \nMilan Kundera est né à Prague. En 1975, il s’installe en France.  \nPersonne ne va rire  \n1  \n« Verse-moi encore un verre de slivovice », me dit Klara, et je ne fus pas contre. Nous avions trouvé pour ouvrir la bouteille un prétexte qui n’avait rien d’extraordinaire, mais qui tenait : je venais de toucher ce jour-là une assez jolie somme pour une longue étude parue dans une revue d’histoire de l’art.  \nSi mon étude avait fini par être publiée, ça n’avait pas été sans mal. Ce que j’avais écrit n’était qu’épines et polémiques. C’est pourquoi la revue La penséeplastique, avec sa rédaction grisonnanteet circonspecte, avait refusé ce texte que j’avais finalement confié à une revue concurrente, moins importante il est vrai, mais dont les rédacteurs sont plus jeunes et plus irréfléchis.  \nLe facteur m’avait apporté le mandat à la faculté, ainsi qu’une lettre. Lettre sans importance et que je parcourus à peine le matin, frais émoulu de ma toute nouvelle grandeur. Mais une fois de retour à la maison, tandis que l’on approchait de minuit et que le niveau baissait dans la bouteille, pour nous amuser je pris cette lettre sur mon bureau et la lus à Klara :  \n« Cher camarade – et si je peux me permettre d’user de ce terme – cher collègue – pardonnez à un homme auquel vous n’avez jamaisparlé de votre vie de prendre la liberté de vous écrire. Je m’adresse à vous pour vous prier de bien vouloir lire l’article ci-joint. Je ne vous connais pas personnellement mais je vous estime, car vous êtes à mes yeux l’homme dont les opinions, le raisonnement, les conclusions m’ont toujours paru corroborer de manière surprenante les résultats de mes propres recherches… » Suivaient de grands éloges de mes mérites et une requête : il me demandait d’avoirl’obligeance de rédiger une note de lecture à l’intention de la revue La pensée plastique qui, depuis six mois, refusait et dénigrait son  \narticle. On lui avait dit que mon avis serait décisif, de sorte que j’étaisdésormais son seul espoir, la seule lueur dans ses ténèbres têtues.  \nKlara et moi, nous échangions toutes sortes de blagues sur ce M. Zaturecky dont le nom pompeux nous fascinait ; des blagues, bienentendu, tout à fait cordiales, car l’éloge qu’il m’avait adressé merendait généreux, surtout avec une bouteille d’excellente slivovice à portée de la main. Si généreux qu’en ces instants inoubliablesj’éprouvais de l’amour pour le monde entier. Ne pouvant faire des cadeaux au monde entier, j’en faisais du moins à Klara. Et sinon des cadeaux, du moins des promesses.  \nKlara, avec ses vingt ans, était une jeune fille de bonne famille. Que dis-je de bonne, d’excellente famille ! Son père, ancien directeur de banque, et représentant par conséquent de la grande bourgeoisie, avait été expulsé de Prague vers 1950 et il était allé s’installer au village de Celakovice, à une distance respectable de la capitale. Sa fille, mal notée par la section des cadres, travaillait comme couturière devant une machine à coudre dans l’immense atelier d’une entreprise de confection pragoise. Ce soir-là, assis en faced’elle, j’encourageais son penchant pour moi en lui vantant à lalégère les avantages de la place que je promettais de lui procurer avec l’aide de mes amis. J’affirmai qu’il était inadmissible qu’une aussi charmante fille perdît sa beauté devant une machine à coudre et jedécidai qu’elle devait devenir mannequin.  \nKlara ne me contredit pas et nous passâmes la nuit dans une heureuse harmonie.  \n2  \nNous traversons le présent les yeux bandés. Tout au plus pouvonsnous pressentir et deviner ce que nous sommes en train de vivre. Plus tard seulement, quand est dénoué le bandeau et que nous examinons le passé, nous nous rendons compte ","cbCaidcGfbvEVcVD","https://ap.wps.com/l/cbCaidcGfbvEVcVD","pdf",1203550,4,1,250,"French","fr",114,"# Personnages et cadre\n## La lettre de M. Zaturecky\n# Refus d’un article et conflit\n## Demande de note de lecture\n# Réminiscences et tensions\n## Le lien avec Klara et la slivovice","[{\"question\":\"Quel rôle joue la lettre de M. 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