[{"data":1,"prerenderedAt":-1},["ShallowReactive",2],{"doc-detail-42488-fr":3,"doc-seo-42488-114":30,"detail-sidebar-cat-0-fr-114":91},{"code":4,"msg":5,"data":6},0,"success",{"doc_id":7,"user_id":8,"nickname":9,"user_avatar":10,"doc_module":4,"category_id":11,"category_name":12,"doc_title":13,"doc_description":14,"doc_content":15,"file_id":16,"file_url":17,"file_type":18,"file_size":19,"view_count":20,"is_deleted":4,"is_public":21,"is_downloadable":21,"audit_status":21,"page_count":22,"language":23,"language_code":24,"site_id":25,"html_lang":24,"table_of_contents":26,"faqs":27,"seo_title":13,"seo_description":14,"update_tm":28,"read_time":29},42488,13056703020460,"Valentina","https://ap-avatar.wpscdn.com/avatar/be000253dac470eee5d?_k=1778207105932848923",59,"Littérature","Marcel Proust, Du côté de chez Swann","Extrait de Du côté de chez Swann consacré à la première partie « Combray ». Le texte explore le passage du sommeil à l’éveil et la manière dont la mémoire, l’imagination et les sensations nocturnes modifient la perception du temps, du lieu et du soi. À travers des réveils brefs, des associations rêveuses et des images de l’attente, le narrateur fait sentir la frontière fragile entre réalité et songe, installant une atmosphère intimiste et introspective.","À MONSIEUR GASTON CALMETTE  \nComme un témoignage de profonde et affectueuse reconnaissance.  \nMarcel Proust.  \nPREMIÈRE PARTIE  \nCombray  \nI  \nLongtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n’avais pas le temps de me dire : « Je m’endors. » Et, une demi-heure après, la pensée qu’il était temps de chercher le sommeil m’éveillait ; je voulais poser le volume que je croyais avoir encore dans les mains et souffler ma lumière ; je n’avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un tour un peu particulier ; il me semblait que j’étais moi-même ce dont parlait : l’ouvrage une église, un quatuor, la rivalité de François Ier et de Charles Quint. Cette croyance survivait pendant quelques secondes à mon réveil ; elle ne choquait pas ma raison, mais pesait comme des écailles sur mes yeux et les empêchait de se rendre compte que le bougeoir n’était plus allumé . Puis elle commençait à me devenirinintelligible, comme après la métempsycose les pensées d’une existence antérieure ; le sujet du livre se détachait de moi, j’étais libre de m’y appliquer ou non ; aussitôtje recouvrais la vue et j’étais bien étonné de trouver autour de moi une obscurité, douce et reposante pour mes yeux, mais peut-être plus encore pour mon esprit, à qui elle apparaissait comme une chose sans cause, incompréhensible, comme une chose vraiment obscure. Je me demandais quelle heure il pouvait être ; j’entendais le sifflement des trains qui, plus ou moins éloigné, comme le chant d’un oiseau dans une forêt, relevant les distances, me décrivait l’étendue de la campagne déserte où le voyageur se hâte vers la station prochaine ; et le petit chemin qu’il suit va être gravé dans son souvenir par l’excitation qu’il doit à des lieux nouveaux, à des actes inaccoutumés, à la causerie récente et aux adieux sous la lampe étrangère qui le suivent encore dans le silence de la nuit, à la douceur prochaine du retour. J’appuyais tendrement mes joues contre les belles joues de l’oreiller qui, pleines et fraîches, sont comme les joues de notre enfance. Je frottais uneallumette pour regarder ma montre. Bientôt minuit. C’est l’instant où le malade, qui a été obligé de partir en voyage et a dû coucher dans un hôtel inconnu, réveillé par une crise, se réjouit en apercevant sous la porte uneraie de jour. Quel bonheur ! c’est déjà le matin ! Dans un moment les domestiques seront levés, il pourra sonner, on viendra lui porter secours.  \nL’espérance d’être soulagé lui donne du courage pour souffrir. Justement ila cru entendre des pas ; les pas se rapprochent, puis s’éloignent. Et la raiede jour qui était sous sa porte a disparu. C’est minuit ; on vient d’éteindre legaz ; le dernier domestique est parti et il faudra rester toute la nuit à souffrir sans remède.  \nJe me rendormais, et parfois je n’avais plus que de courts réveils d’un instant, le temps d’entendre les craquements organiques des boiseries, d’ouvrir les yeux pour fixer le kaléidoscope de l’obscurité, de goûter grâce à une lueur momentanée de conscience le sommeil où étaient plongés les meubles, la chambre, le tout dont je n’étais qu’une petite partie et à l’insensibilité duquel je retournais vite m’unir. Ou bien en dormant j’avais rejoint sans effort un âge à jamais révolu de ma vie primitive, retrouvé tellede mes terreurs enfantines comme celle que mon grand-oncle me tirât par mes boucles et qu’avait dissipée le jour–date pour moi d’une ère nouvelle– où on les avait coupées. J’avais oublié cet évènement pendant mon sommeil, j’en retrouvais le souvenir aussitôt que j’avais réussi à m’éveiller pour échapper aux mains de mon grand-oncle, mais par mesure de précaution j’entourais complètement ma tête de mon oreiller avant de retourner dans le monde des rêves.  \nQuelquefois, comme Ève naquit d’une côte d’Adam, une femme naissait pendant mon sommeil d’une fausse position de ma cuisse. Formée duplaisir que","cbCaip5Y4uhyKPrz","https://ap.wps.com/l/cbCaip5Y4uhyKPrz","pdf",1535005,3,1,344,"French","fr",114,"# Combray\n## I","[{\"question\":\"Quel est le sujet principal du passage autour de « Combray » ?\",\"answer\":\"Le passage décrit le moment où le narrateur s’endort puis se réveille, en suivant la façon dont le sommeil transforme la perception du temps, du lieu et de lui-même.\"},{\"question\":\"Comment le texte traite-t-il le lien entre rêves et réalité ?\",\"answer\":\"Les images et réflexions qui surviennent au réveil semblent se détacher de la raison, puis s’effacer ; le narrateur oscille entre conscience et monde obscur du sommeil, comme si la frontière était instable.\"},{\"question\":\"Qu’exprime l’attention du narrateur aux sons (trains, campagne, nuit) ?\",\"answer\":\"Ces sons servent de repères sensoriels qui reconstituent mentalement l’étendue du monde et accompagnent l’attente du jour, renforçant l’impression que le temps se déforme la nuit.\"}]",1783352974,530,{"code":4,"msg":31,"data":32},"ok",{"site_id":25,"language":24,"slug":33,"title":13,"keywords":34,"description":14,"schema_data":35,"social_meta":86,"head_meta":88,"extra_data":90,"updated_unix":28},"marcel-proust-swanns-way","",{"@graph":36,"@context":85},[37,53,68],{"@type":38,"itemListElement":39},"BreadcrumbList",[40,44,48,50],{"item":41,"name":42,"@type":43,"position":21},"https://docshare.wps.com","Home","ListItem",{"item":45,"name":46,"@type":43,"position":47},"https://docshare.wps.com/fr/document/","Document",2,{"item":49,"name":12,"@type":43,"position":20},"https://docshare.wps.com/fr/document/littérature/",{"item":51,"name":13,"@type":43,"position":52},"https://docshare.wps.com/fr/document/marcel-proust-swanns-way/42488/",4,{"url":51,"name":13,"@type":54,"author":55,"headline":13,"publisher":57,"fileFormat":60,"inLanguage":24,"description":14,"dateModified":61,"datePublished":62,"encodingFormat":60,"isAccessibleForFree":63,"interactionStatistic":64},"DigitalDocument",{"name":9,"@type":56},"Person",{"url":41,"name":58,"@type":59},"DocShare","Organization","application/pdf","2026-07-16","2026-07-06",true,{"@type":65,"interactionType":66,"userInteractionCount":20},"InteractionCounter",{"@type":67},"ViewAction",{"@type":69,"mainEntity":70},"FAQPage",[71,77,81],{"name":72,"@type":73,"acceptedAnswer":74},"Quel est le sujet principal du passage autour de « Combray » ?","Question",{"text":75,"@type":76},"Le passage décrit le moment où le narrateur s’endort puis se réveille, en suivant la façon dont le sommeil transforme la perception du temps, du lieu et de lui-même.","Answer",{"name":78,"@type":73,"acceptedAnswer":79},"Comment le texte traite-t-il le lien entre rêves et réalité ?",{"text":80,"@type":76},"Les images et réflexions qui surviennent au réveil semblent se détacher de la raison, puis s’effacer ; le narrateur oscille entre conscience et monde obscur du sommeil, comme si la frontière était instable.",{"name":82,"@type":73,"acceptedAnswer":83},"Qu’exprime l’attention du narrateur aux sons (trains, campagne, nuit) ?",{"text":84,"@type":76},"Ces sons servent de repères sensoriels qui reconstituent mentalement l’étendue du monde et accompagnent l’attente du jour, renforçant l’impression que le temps se déforme la nuit.","https://schema.org",{"og:url":51,"og:type":87,"og:title":13,"og:site_name":58,"og:description":14},"article",{"robots":89,"canonical":51},"index,follow",{"doc_id":7,"site_id":25},{"code":4,"msg":5,"data":92},[93,98,103,106,109,111,115,119,123,127],{"id":94,"doc_module":4,"doc_module_name":46,"category_name":95,"show_sort_weight":96,"slug":97},67,"Général",61,"general",{"id":99,"doc_module":4,"doc_module_name":46,"category_name":100,"show_sort_weight":101,"slug":102},66,"Art de vivre",60,"lifestyle",{"id":96,"doc_module":4,"doc_module_name":46,"category_name":104,"show_sort_weight":101,"slug":105},"Bande dessinée","comic",{"id":101,"doc_module":4,"doc_module_name":46,"category_name":107,"show_sort_weight":101,"slug":108},"Examen","exam",{"id":11,"doc_module":4,"doc_module_name":46,"category_name":12,"show_sort_weight":101,"slug":110},"literature",{"id":112,"doc_module":4,"doc_module_name":46,"category_name":113,"show_sort_weight":101,"slug":114},64,"Recherche & Rapport","research-report",{"id":116,"doc_module":4,"doc_module_name":46,"category_name":117,"show_sort_weight":101,"slug":118},58,"Récits & Romans","story-novel",{"id":120,"doc_module":4,"doc_module_name":46,"category_name":121,"show_sort_weight":101,"slug":122},65,"Religion & Spiritualité","religion-spirituality",{"id":124,"doc_module":4,"doc_module_name":46,"category_name":125,"show_sort_weight":101,"slug":126},63,"Santé & Soins","healthcare",{"id":128,"doc_module":4,"doc_module_name":46,"category_name":129,"show_sort_weight":101,"slug":130},62,"Technologie","technology"]