[{"data":1,"prerenderedAt":-1},["ShallowReactive",2],{"doc-detail-38333-fr":3,"doc-seo-38333-114":29},{"code":4,"msg":5,"data":6},0,"success",{"doc_id":7,"user_id":8,"nickname":9,"user_avatar":10,"doc_module":4,"category_id":11,"category_name":12,"doc_title":13,"doc_description":14,"doc_content":15,"file_id":16,"file_url":17,"file_type":18,"file_size":19,"view_count":4,"is_deleted":4,"is_public":20,"is_downloadable":20,"audit_status":20,"page_count":21,"language":22,"language_code":23,"site_id":24,"html_lang":23,"table_of_contents":25,"faqs":26,"seo_title":13,"seo_description":14,"update_tm":27,"read_time":28},38333,13056703019404,"Miles","https://ap-avatar.wpscdn.com/davatar_29158cc5080c5b710cf443261637dec0",58,"Récits & Romans","L’Étranger - Albert Camus","L’Étranger d’Albert Camus s’ouvre sur la mort de la mère du narrateur, annoncée par télégramme, et sur le déroulement concret de ses démarches : congé, voyage vers l’asile, attente auprès du directeur et entrée dans l’espace funéraire. Le texte décrit une attitude détachée et une temporalité incertaine, tandis que les détails matériels (trajet, chaleur, formalités, morgue, bière) contrastent avec la charge sociale de la disparition. Le récit installe une distance intérieure et une tension entre exigences administratives et sens humain du deuil.","Albert Camus  \nL’ÉTRANGER  \n( 1942)  \nPREMIÈRE PARTIE  \nI  \nAujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. » Cela ne veut rien dire. C’était peutêtre hier.  \nL’asile de vieillards est à Marengo, à quatre-vingts kilomètres d’Alger. Je prendrai l’autobus à deux heures et j’arriverai dans l’après-midi. Ainsi, je pourrai veiller et je rentrerai demain soir. J’ai demandé deux jours de congé à mon patron et il ne pouvait pas me les refuser avec une excuse pareille. Mais il n’avait pas l’air content. Je lui ai même dit : « Ce n’est pas de ma faute. » Il n’a pas répondu. J’ai pensé alors que je n’aurais pas dû lui dire cela. En somme, jen’avais pas à m’excuser. C’était plutôt à lui de me présenter sescondoléances. Mais il le fera sans doute après-demain, quand il meverra en deuil. Pour le moment, c’est un peu comme si maman n’était pas morte. Après l’enterrement, au contraire, ce sera une affaire classée et tout aura revêtu une allure plus officielle.  \nJ’ai pris l’autobus à deux heures. Il faisait très chaud. J’ai mangé au restaurant, chez Céleste, comme d’habitude. Ils avaient tous beaucoup de peine pour moi et Céleste m’a dit : « On n’a qu’unemère. » Quand je suis parti, ils m’ont accompagné à la porte. J’étaisun peu étourdi parce qu’il a fallu que je monte chez Emmanuel pour lui emprunter une cravate noire et un brassard. Il a perdu son oncle, il y a quelques mois.  \nJ’ai couru pour ne pas manquer le départ. Cette hâte, cette course, c’est à cause de tout cela sans doute, ajouté aux cahots, à l’odeurd’essence, à la réverbération de la route et du ciel, que je me suisassoupi. J’ai dormi pendant presque tout le trajet. Et quand je me suis réveillé, j’étais tassé contre un militaire qui m’a souri et qui m’a demandé si je venais de loin. J’ai dit « oui » pour n’avoir plus à parler.  \nL’asile est à deux kilomètres du village. J’ai fait le chemin à pied. J’ai voulu voir maman tout de suite. Mais le concierge m’a dit qu’il  \nfallait que je rencontre le directeur. Comme il était occupé, j’ai attendu un peu. Pendant tout ce temps, le concierge a parlé etensuite, j’ai vu le directeur : il m’a reçu dans son bureau. C’était un petit vieux, avec la Légion d’honneur. Il m’a regardé de ses yeux clairs. Puis il m’a serré la main qu’il a gardée si longtemps que je nesavais trop comment la retirer. Il a consulté un dossier et m’a dit :« Mme Meursault est entrée ici il y a trois ans. Vous étiez son seulsoutien. » J’ai cru qu’il me reprochait quelque chose et j’ai commencé à lui expliquer. Mais il m’a interrompu : « Vous n’avez pas à vous justifier, mon cher enfant. J’ai lu le dossier de votre mère. Vous ne pouviez subvenir à ses besoins. Il lui fallait une garde. Vos salaires sont modestes. Et tout compte fait, elle était plus heureuse ici. » J’ai dit : « Oui, monsieur le Directeur. » Il a ajouté : « Vous savez, elle avait des amis, des gens de son âge. Elle pouvait partager avec eux des intérêts qui sont d’un autre temps. Vous êtes jeune et elle devait s’ennuyer avec vous. »  \nC’était vrai. Quand elle était à la maison, maman passait son temps à me suivre des yeux en silence. Dans les premiers jours où elle était à l’asile, elle pleurait souvent. Mais c’était à cause del’habitude. Au bout de quelques mois, elle aurait pleuré si on l’avait retirée de l’asile. Toujours à cause de l’habitude. C’est un peu pour cela que dans la dernière année je n’y suis presque plus allé . Et aussiparce que cela me prenait mon dimanche – sans compter l’effort pour aller à l’autobus, prendre des tickets et faire deux heures de route.  \nLe directeur m’a encore parlé . Mais je ne l’écoutais presque plus. Puis il m’a dit : « Je suppose que vous voulez voir votre mère. » Je me suis levé sans rien dire et il m’a précédé vers la porte. Dans l’escalier, il m’a expliqué : « Nous l’avons transportée dans notre petite morgue. Pour ne pas impressionner les autres. Cha","cbCaiftjoHSTTbU1","https://ap.wps.com/l/cbCaiftjoHSTTbU1","pdf",626031,1,81,"French","fr",114,"# Première partie\n## Annonce du décès et départ\n## Voyage vers l’asile et formalités\n## Rencontre avec le directeur\n## Préparation de la rencontre avec la mère","[{\"question\":\"Comment le narrateur apprend-il le décès de sa mère ?\",\"answer\":\"Il reçoit un télégramme de l’asile indiquant que sa mère est décédée et que l’enterrement a lieu le lendemain. Il hésite même entre « aujourd’hui » et « peut-être hier ». \"},{\"question\":\"Pourquoi le narrateur doit-il prendre des dispositions avant de voir sa mère ?\",\"answer\":\"Il obtient deux jours de congé et se rend à l’asile. Sur place, il doit attendre pour rencontrer le directeur, puis on lui explique le transport vers une morgue afin de limiter le stress des autres pensionnaires.\"},{\"question\":\"Que découvre le narrateur en entrant dans la salle où se trouve la bière ?\",\"answer\":\"La scène est décrite avec des éléments très concrets : une salle claire, des chaises et chevalets, une bière recouverte, et la présence d’une infirmière. Le concierge propose ensuite de découvrir la bière, mais le narrateur refuse.\"}]",1783061364,125,{"code":4,"msg":30,"data":31},"ok",{"site_id":24,"language":23,"slug":32,"title":13,"keywords":33,"description":14,"schema_data":34,"social_meta":85,"head_meta":87,"extra_data":89,"updated_unix":27},"the-stranger-albert-camus","",{"@graph":35,"@context":84},[36,53,67],{"@type":37,"itemListElement":38},"BreadcrumbList",[39,43,47,50],{"item":40,"name":41,"@type":42,"position":20},"https://docshare.wps.com","Home","ListItem",{"item":44,"name":45,"@type":42,"position":46},"https://docshare.wps.com/fr/document/","Document",2,{"item":48,"name":12,"@type":42,"position":49},"https://docshare.wps.com/fr/document/récits-romans/",3,{"item":51,"name":13,"@type":42,"position":52},"https://docshare.wps.com/fr/document/the-stranger-albert-camus/38333/",4,{"url":51,"name":13,"@type":54,"author":55,"headline":13,"publisher":57,"fileFormat":60,"inLanguage":23,"description":14,"dateModified":61,"datePublished":61,"encodingFormat":60,"isAccessibleForFree":62,"interactionStatistic":63},"DigitalDocument",{"name":9,"@type":56},"Person",{"url":40,"name":58,"@type":59},"DocShare","Organization","application/pdf","2026-07-03",true,{"@type":64,"interactionType":65,"userInteractionCount":4},"InteractionCounter",{"@type":66},"ViewAction",{"@type":68,"mainEntity":69},"FAQPage",[70,76,80],{"name":71,"@type":72,"acceptedAnswer":73},"Comment le narrateur apprend-il le décès de sa mère ?","Question",{"text":74,"@type":75},"Il reçoit un télégramme de l’asile indiquant que sa mère est décédée et que l’enterrement a lieu le lendemain. Il hésite même entre « aujourd’hui » et « peut-être hier ».","Answer",{"name":77,"@type":72,"acceptedAnswer":78},"Pourquoi le narrateur doit-il prendre des dispositions avant de voir sa mère ?",{"text":79,"@type":75},"Il obtient deux jours de congé et se rend à l’asile. Sur place, il doit attendre pour rencontrer le directeur, puis on lui explique le transport vers une morgue afin de limiter le stress des autres pensionnaires.",{"name":81,"@type":72,"acceptedAnswer":82},"Que découvre le narrateur en entrant dans la salle où se trouve la bière ?",{"text":83,"@type":75},"La scène est décrite avec des éléments très concrets : une salle claire, des chaises et chevalets, une bière recouverte, et la présence d’une infirmière. Le concierge propose ensuite de découvrir la bière, mais le narrateur refuse.","https://schema.org",{"og:url":51,"og:type":86,"og:title":13,"og:site_name":58,"og:description":14},"article",{"robots":88,"canonical":51},"index,follow",{"doc_id":7,"site_id":24}]