[{"data":1,"prerenderedAt":-1},["ShallowReactive",2],{"doc-detail-37740-fr":3,"doc-seo-37740-114":29},{"code":4,"msg":5,"data":6},0,"success",{"doc_id":7,"user_id":8,"nickname":9,"user_avatar":10,"doc_module":4,"category_id":11,"category_name":12,"doc_title":13,"doc_description":14,"doc_content":15,"file_id":16,"file_url":17,"file_type":18,"file_size":19,"view_count":4,"is_deleted":4,"is_public":20,"is_downloadable":20,"audit_status":20,"page_count":21,"language":22,"language_code":23,"site_id":24,"html_lang":23,"table_of_contents":25,"faqs":26,"seo_title":13,"seo_description":14,"update_tm":27,"read_time":28},37740,7971461740886,"Theodore","https://ap-avatar.wpscdn.com/davatar_3d24733baf745e90a7e4bdd5f77d97b2",59,"Littérature","Les années - Annie Ernaux","Le texte réunit, autour du regard d’Annie Ernaux, des fragments biographiques et une réflexion sur la mémoire et l’oubli. Il oppose la permanence intime des histoires au caractère transitoire des images, qui disparaissent toutes, comme le pressent la citation de Tchekhov. S’enchaînent ensuite des scènes précises et parfois troublantes de la vie d’après-guerre, du corps, des films, des publicités et de la maladie, pour faire sentir la façon dont le passé revient, s’efface et demeure inscrit dans le sommeil.","Annie Ernaux  \nLes années  \nGallimard  \nAnnie Ernaux est née à Lillebonne et elle a passé toute sa jeunesse à Yvetot, en Normandie. Agrégée de lettres modernes, elle a enseigné à Annecy, Pontoise et au Centre national d’enseignement à distance. Elle vit dans le Val-d’Oise, à Cergy.  \nNous n’avons que notre histoire et elle n’est pas à nous.  \nJosé ORTEGA Y GASSET  \n—Oui. On nous oubliera. C’est la vie, rien à faire. Ce qui aujourd’hui nous paraît important, grave, lourd deconséquences, eh bien, il viendra un moment où cela seraoublié, où cela n’aura plus d’importance. Et, c’est curieux, nous ne pouvons savoir aujourd’hui ce qui sera un jour considéré comme grand et important, ou médiocre et ridicule. (…) Il sepeut aussi que cette vie d’aujourd’hui dont nous prenons notre parti, soit un jour considérée comme étrange, inconfortable, sans intelligence, insufﬁsamment pure et, qui sait, même, coupable.  \nAnton TCHEKHOV  \nToutes les images disparaîtront.  \nla femme accroupie qui urinait en plein jour derrière un baraquement servant de café, en bordure des ruines, à Yvetot, après la guerre, se renculottait debout, jupe relevée, et s’en retournait au café  \nla ﬁgure pleine de larmes d’Alida Valli dansant avec Georges Wilson dans le ﬁlm Une aussi longue absence  \nl’homme croisé sur un trottoir de Padoue, l’été 90, avec des mains attachées aux épaules, évoquant aussitôt le souvenir de la thalidomide prescrite aux femmes enceintes contre les nausées trente ans plus tôt et du même coup l’histoire drôle qui se racontait ensuite : une future mère tricote de la layette enavalant régulièrement de la thalidomide, un rang, un cachet. Une amie horriﬁée lui dit, tu ne sais donc pas que ton bébé risque de naître sans bras, et elle répond, oui je sais bien mais je ne sais pas tricoter les manches  \nClaude Piéplu en tête d’un régiment de légionnaires, le drapeau dans une main, de l’autre tirant une chèvre, dans un ﬁlm des Charlots  \ncette dame majestueuse, atteinte d’Alzheimer, vêtue d’une blouse à ﬂeurscomme les autres pensionnaires de la maison de retraite, mais elle, avec un châle bleu sur les épaules, arpentant sans arrêt les couloirs, hautainement, comme la duchesse de Guermantes au bois de Boulogne et qui faisait penser à Céleste Albaret telle qu’elle était apparue un soir dans une émission de Bernard Pivot  \nsur une scène de théâtre en plein air, la femme enfermée dans une boîte que des hommes avaient transpercée de part en part avec des lancesd’argent—ressortie vivante parce qu’il s’agissait d’un tour de prestidigitation appelé Le Martyre d’une femme  \nles momies en dentelles déguenillées pendouillant aux murs du couvent dei Cappuccini de Palerme  \nle visage de Simone Signoret sur l’afﬁche de Thérèse Raquin  \nla chaussure tournant sur un socle dans un magasin André rue du GrosHorloge à Rouen, et autour la même phrase déﬁlant continuellement : « avec Babybotte Bébé trotte et pousse bien »  \nl’inconnu de la gare Termini à Rome, qui avait baissé à demi le store de son compartiment de première et, invisible jusqu’à la taille, de proﬁl, manipulaitson sexe à destination des jeunes voyageuses du train sur le quai d’en face, accoudées à la barre  \nle type dans une publicité au cinéma pour Paic Vaisselle, qui cassait allègrement les assiettes sales au lieu de les laver. Une voix off disait sévèrement « ce n’est pas la solution ! » et le type regardait avec désespoir les spectateurs, « mais quelle est la solution ? »  \nla plage d’Arenys de Mar à côté d’une ligne de chemin de fer, le client del’hôtel qui ressemblait à Zappy Max  \nle nouveau-né brandi en l’air comme un lapin décarpillé dans la salle d’accouchement de la clinique Pasteur de Caudéran, retrouvé une demi-heure après tout habillé, dormant sur le côté dans le petit lit, une main dehors et le  \ndrap tiré jusqu’aux épaules  \nla silhouette sémillante de l’acteur Philippe Lemaire, marié à Juliette Grécodans une publicité à la télé, le père essayant vainement, en douce derrière son journal, de lan","cbCaivpGwoNWnmNm","https://ap.wps.com/l/cbCaivpGwoNWnmNm","pdf",1066433,1,122,"French","fr",114,"# Biographie et point de vue\n## Mémoire, oubli et disparition des images\n## Scènes marquantes des premières années","[{\"question\":\"Quel est le thème principal du texte ?\",\"answer\":\"Le texte interroge la mémoire et l’oubli, en montrant comment les images du passé s’effacent tout en continuant à hanter l’esprit.\"},{\"question\":\"Comment le texte décrit-il la disparition des images ?\",\"answer\":\"Il affirme que toutes les images disparaîtront, et souligne l’impossibilité de savoir aujourd’hui ce qui sera jugé important ou négligeable plus tard.\"},{\"question\":\"Pourquoi le texte multiplie-t-il des scènes très concrètes ?\",\"answer\":\"Les images détaillées (souvenirs, situations de la vie quotidienne, références culturelles) servent à rendre sensible l’inscription du passé dans le corps et le sommeil, au-delà des grands récits.\"}]",1783072486,188,{"code":4,"msg":30,"data":31},"ok",{"site_id":24,"language":23,"slug":32,"title":13,"keywords":33,"description":14,"schema_data":34,"social_meta":85,"head_meta":87,"extra_data":89,"updated_unix":90},"the-years-annie-ernaux","",{"@graph":35,"@context":84},[36,53,67],{"@type":37,"itemListElement":38},"BreadcrumbList",[39,43,47,50],{"item":40,"name":41,"@type":42,"position":20},"https://docshare.wps.com","Home","ListItem",{"item":44,"name":45,"@type":42,"position":46},"https://docshare.wps.com/fr/document/","Document",2,{"item":48,"name":12,"@type":42,"position":49},"https://docshare.wps.com/fr/document/littérature/",3,{"item":51,"name":13,"@type":42,"position":52},"https://docshare.wps.com/fr/document/the-years-annie-ernaux/37740/",4,{"url":51,"name":13,"@type":54,"author":55,"headline":13,"publisher":57,"fileFormat":60,"inLanguage":23,"description":14,"dateModified":61,"datePublished":61,"encodingFormat":60,"isAccessibleForFree":62,"interactionStatistic":63},"DigitalDocument",{"name":9,"@type":56},"Person",{"url":40,"name":58,"@type":59},"DocShare","Organization","application/pdf","2026-07-03",true,{"@type":64,"interactionType":65,"userInteractionCount":4},"InteractionCounter",{"@type":66},"ViewAction",{"@type":68,"mainEntity":69},"FAQPage",[70,76,80],{"name":71,"@type":72,"acceptedAnswer":73},"Quel est le thème principal du texte ?","Question",{"text":74,"@type":75},"Le texte interroge la mémoire et l’oubli, en montrant comment les images du passé s’effacent tout en continuant à hanter l’esprit.","Answer",{"name":77,"@type":72,"acceptedAnswer":78},"Comment le texte décrit-il la disparition des images ?",{"text":79,"@type":75},"Il affirme que toutes les images disparaîtront, et souligne l’impossibilité de savoir aujourd’hui ce qui sera jugé important ou négligeable plus tard.",{"name":81,"@type":72,"acceptedAnswer":82},"Pourquoi le texte multiplie-t-il des scènes très concrètes ?",{"text":83,"@type":75},"Les images détaillées (souvenirs, situations de la vie quotidienne, références culturelles) servent à rendre sensible l’inscription du passé dans le corps et le sommeil, au-delà des grands récits.","https://schema.org",{"og:url":51,"og:type":86,"og:title":13,"og:site_name":58,"og:description":14},"article",{"robots":88,"canonical":51},"index,follow",{"doc_id":7,"site_id":24},1783054528]