[{"data":1,"prerenderedAt":-1},["ShallowReactive",2],{"doc-detail-37703-fr":3,"doc-seo-37703-114":29},{"code":4,"msg":5,"data":6},0,"success",{"doc_id":7,"user_id":8,"nickname":9,"user_avatar":10,"doc_module":4,"category_id":11,"category_name":12,"doc_title":13,"doc_description":14,"doc_content":15,"file_id":16,"file_url":17,"file_type":18,"file_size":19,"view_count":4,"is_deleted":4,"is_public":20,"is_downloadable":20,"audit_status":20,"page_count":21,"language":22,"language_code":23,"site_id":24,"html_lang":23,"table_of_contents":25,"faqs":26,"seo_title":13,"seo_description":14,"update_tm":27,"read_time":28},37703,687197207639,"Asher","https://ap-avatar.wpscdn.com/davatar_a8503ba1806abce46bf441b54a3ca4cd",58,"Récits & Romans","Le bouquiniste Mendel","Récit littéraire situé à Vienne, où un narrateur, surpris par une averse, se réfugie dans un café de faubourg viennois. Dans une atmosphère lourde et enfumée, il observe les clients et le service, puis ressent une émotion soudaine en reconnaissant sans comprendre ce lieu. La mémoire se dérobe, mais un détail déclenche le retour du passé: la salle séparée du café et la place du célèbre bouquiniste Jacob Mendel, retrouvée après vingt ans.","Stefan Zweig  \nLe bouquiniste Mendel  \ntraduit de l 'allemand par Manfred Schenker  \nLa République des Lettres  \nLe bouquiniste Mendel  \nDe retour à Vienne, après une visite dans la banlieue, je fus surpris par une averse. Cinglés par la pluie, les passants se réfugiaient sous les porches et les marquises. Je me mis également en quête d'un abri. Heureusement, à Vienne, un café vous attend à chaque coin de rue. C'est ainsi que j'échouai, le chapeau ruisselant et les épaules mouillées, dans un de ces cabarets de faubourg dans la tradition viennoise. Là, pas de jazz comme dans les cafés du centre, où l'onsinge les modes allemandes. Il regorgeait de petites gens qui faisaient une plus grande consommation de journaux que de pâtisseries. Une atmosphère lourde y régnait, marbrée d'une fumée bleuâtre. Malgré cela, ce local avait un air propret, avec ses sofas en velours et son comptoir en aluminium. Dans mahâte, je n'avais pas eu le temps de lire l'enseigne avant d'entrer. A quoi bond'ailleurs ? -J'étais casé . Je regardais impatiemment à travers les vitrescouvertes de buée, attendant que cette averse voulût bien cesser.  \nDans mon oisiveté, je commençais déjà à m'abandonner à la douce paresse qui émane de tout véritable café viennois. Machinalement, je dévisageais les clients, dont les yeux, dans cet air enfumé, paraissaient étrangement cernés à la lueur des lampes. J'observais la demoiselle du buffet qui distribuait mécaniquement aux garçons sucre et cuillères. Somnolent, je lisais les réclames qui couvraient les murs et cette sorte d'engourdissement me procurait un certain bien-être.  \nSoudain, je fus arraché à mes rêveries de la manière la plus étrange. Une vague émotion m'envahit, comme une rage de dents, qui vous prend brusquement sans qu'on sache au juste si elle réside dans la joue droite ou la joue gauche. J'éprouvais un sentiment indéfinissable, car je venais de me  \nrendre compte, sans deviner pourquoi, que ce local ne m'était pas inconnu. Une obscure réminiscence me liait à ces murs, à ces chaises, à ces tables.  \nMais, plus je m'efforçais de saisir ce vague souvenir, plus il m'échappait, plongé dans les gouffres du subconscient, comme une anguille au fond del'eau. En vain, je fixais du regard tous les objets qui m'entouraient. Certes, jen'avais jamais vu cette caisse reluisante sur le comptoir, ni cette boiserie brune en faux palissandre. Et pourtant ! J'étais déjà venu là, il y a vingt ans, ou plus. Quelque vestige de mon âme d'autrefois gisait là, caché comme une épingle dans la fente d'un parquet. Mes sens fouillèrent avec force autour demoi et en moi-même. Impossible d'atteindre à ce souvenir disparu, enfoui au fond de mon coeur.  \nCela me contrariait de constater, une fois de plus, l'insuffisance et  \nl'imperfection de nos capacités mentales. Mais je ne renonçais pas à l'espoirde reconquérir malgré tout ce souvenir. Je le savais bien, il suffisait que jesaisisse un fait, si minuscule fût-il, car ma mémoire est si étrange, bonne et mauvaise à la fois, capricieuse et pourtant incroyablement fidèle. Souvent, elle engloutit dans ses profondeurs les événements les plus importants ou des physionomies que j'ai observées et ne les restitue jamais par un acte de ma volonté . Mais il suffit du moindre point de repère, d'une carte postale illustrée, de quelques traits de plume sur une enveloppe, ou d'une page de journal jaunie, pour qu'aussitôt le souvenir frétille sous la mystérieuse surface du subconscient comme un poisson au bout d'une ligne. Je retrouve alorschaque particularité d'une personne que j'ai connue autrefois, je revois sa bouche, la brèche de ses dents, j'entends son rire chevrotant, je revois  \nl'expression joyeuse de son visage. Tout cela m'apparaît avec une netteté parfaite, et je me souviens de chaque mot que cette personne m'a dit. Toujours il me faut, pour saisir le passé, une excitation des sens, un  \nminuscule fait concret.  \nJe fermai les yeux pour mieux réfléchir, pour jeter cet hameçon magique. Rien ne","cbCaijDvIqbofUdl","https://ap.wps.com/l/cbCaijDvIqbofUdl","pdf",448915,1,36,"French","fr",114,"# Dans le café de faubourg\n## L’averse et l’entrée au Gluck\n## L’émotion de reconnaissance\n# La révélation du souvenir\n## La quête du détail\n## La salle de jeux et Mendel","[{\"question\":\"Pourquoi le narrateur entre-t-il dans le café Gluck ?\",\"answer\":\"Il cherche un abri après une averse à Vienne. Le café de faubourg l’accueille alors qu’il attend que la pluie cesse.\"},{\"question\":\"Quel est le déclencheur de la reconnaissance du lieu ?\",\"answer\":\"Une émotion soudaine envahit le narrateur, comme s’il connaissait déjà cet endroit. La mémoire revient progressivement jusqu’à ce que la pièce séparée et sa disposition ravivent le souvenir.\"},{\"question\":\"Qui le narrateur finit-il par reconnaître dans ce café ?\",\"answer\":\"Il comprend qu’il se trouve à l’emplacement du bouquiniste Jacob Mendel, dont il retrouve le quartier général après vingt ans.\"}]",1783054046,55,{"code":4,"msg":30,"data":31},"ok",{"site_id":24,"language":23,"slug":32,"title":13,"keywords":33,"description":14,"schema_data":34,"social_meta":85,"head_meta":87,"extra_data":89,"updated_unix":27},"le-bouquiniste-mendel","",{"@graph":35,"@context":84},[36,53,67],{"@type":37,"itemListElement":38},"BreadcrumbList",[39,43,47,50],{"item":40,"name":41,"@type":42,"position":20},"https://docshare.wps.com","Home","ListItem",{"item":44,"name":45,"@type":42,"position":46},"https://docshare.wps.com/fr/document/","Document",2,{"item":48,"name":12,"@type":42,"position":49},"https://docshare.wps.com/fr/document/récits-romans/",3,{"item":51,"name":13,"@type":42,"position":52},"https://docshare.wps.com/fr/document/le-bouquiniste-mendel/37703/",4,{"url":51,"name":13,"@type":54,"author":55,"headline":13,"publisher":57,"fileFormat":60,"inLanguage":23,"description":14,"dateModified":61,"datePublished":61,"encodingFormat":60,"isAccessibleForFree":62,"interactionStatistic":63},"DigitalDocument",{"name":9,"@type":56},"Person",{"url":40,"name":58,"@type":59},"DocShare","Organization","application/pdf","2026-07-03",true,{"@type":64,"interactionType":65,"userInteractionCount":4},"InteractionCounter",{"@type":66},"ViewAction",{"@type":68,"mainEntity":69},"FAQPage",[70,76,80],{"name":71,"@type":72,"acceptedAnswer":73},"Pourquoi le narrateur entre-t-il dans le café Gluck ?","Question",{"text":74,"@type":75},"Il cherche un abri après une averse à Vienne. Le café de faubourg l’accueille alors qu’il attend que la pluie cesse.","Answer",{"name":77,"@type":72,"acceptedAnswer":78},"Quel est le déclencheur de la reconnaissance du lieu ?",{"text":79,"@type":75},"Une émotion soudaine envahit le narrateur, comme s’il connaissait déjà cet endroit. La mémoire revient progressivement jusqu’à ce que la pièce séparée et sa disposition ravivent le souvenir.",{"name":81,"@type":72,"acceptedAnswer":82},"Qui le narrateur finit-il par reconnaître dans ce café ?",{"text":83,"@type":75},"Il comprend qu’il se trouve à l’emplacement du bouquiniste Jacob Mendel, dont il retrouve le quartier général après vingt ans.","https://schema.org",{"og:url":51,"og:type":86,"og:title":13,"og:site_name":58,"og:description":14},"article",{"robots":88,"canonical":51},"index,follow",{"doc_id":7,"site_id":24}]