[{"data":1,"prerenderedAt":-1},["ShallowReactive",2],{"doc-detail-37618-fr":3,"doc-seo-37618-114":29},{"code":4,"msg":5,"data":6},0,"success",{"doc_id":7,"user_id":8,"nickname":9,"user_avatar":10,"doc_module":4,"category_id":11,"category_name":12,"doc_title":13,"doc_description":14,"doc_content":15,"file_id":16,"file_url":17,"file_type":18,"file_size":19,"view_count":4,"is_deleted":4,"is_public":20,"is_downloadable":20,"audit_status":20,"page_count":21,"language":22,"language_code":23,"site_id":24,"html_lang":23,"table_of_contents":25,"faqs":26,"seo_title":13,"seo_description":14,"update_tm":27,"read_time":28},37618,8796095461564,"Liam","https://ap-avatar.wpscdn.com/davatar_155a257f0dc6eb9ab79c44ca47cae57d",58,"Récits & Romans","L’anomalie","L’anomalie explore la trajectoire d’un homme nommé Blake, présenté comme un tueur méthodique dont la vie tourne autour des gestes, des protocoles et de l’efficacité. Le récit s’ouvre sur une enfance marquée par un traumatisme où la dissociation émotionnelle semble précéder la curiosité morbide. De la chasse à la pratique technique, puis à une vie ordonnée dans des identités changeantes, le texte interroge la responsabilité et l’éthique par le détour d’une froide rationalité. Le meurtre est traité comme une compétence et une routine.","HERVÉ LE TELLIER  \nL’ANOMALIE  \nr o m a n  \nGALLIMARD  \nEt moi qui dis que vous rêvez, je suisaussi en rêve.  \nTCHOUANG-TSEU  \nLe vrai pessimiste sait qu’il est déjà trop tard pour l’être.  \nL’Anomalie, VICTØR MIESEL  \nI  \nAussi noir que le ciel (mars-juin 2021)  \nIl est une chose admirable qui surpasse toujours la connaissance, l’intelligence, et même le génie, c’est l’incompréhension.  \nL’Anomalie, VICTØR MIESEL  \nBLAKE  \nTuer quelqu’un, ça compte pour rien. Faut observer, surveiller, réfléchir, beaucoup, et au moment où, creuser le vide. Voilà . Creuser le vide. Sedébrouiller pour que l’univers rétrécisse, rétrécisse jusqu’à se condenser dans le canon du fusil ou la pointe du couteau. C’est tout. Ne pas se poser de questions, ne pas se laisser guider par la colère, choisir le protocole, agir avec méthode. Blake sait faire ça, et depuis tellement longtemps qu’il ne sait plus quand il a commencé à savoir. Après, le reste vient tout seul.  \nBlake fait sa vie de la mort des autres. S’il vous plaît, pas de leçon de morale. Si on veut discuter éthique, il est prêt à répondre statistiques. Parce que – et Blake s’excuse – lorsqu’un ministre de la Santé coupe dans le budget, qu’il supprime ici un scanner, là un médecin, là encore un service de réanimation, il sedoute bien qu’il raccourcit de pas mal l’existence de milliers d’inconnus. Responsable, pas coupable, air connu. Blake, c’est le contraire. Et de toute façon, il n’a pas à se justifier, il s’en fout.  \nTuer, ce n’est pas une vocation, c’est une disposition. Un état d’esprit si l’on préfère. Blake a onze ans et ne s’appelle pas Blake. Il est à côté de sa mère, dans la Peugeot, sur une départementale près de Bordeaux. On ne roule pas si vite, un chien traverse la route, la secousse les déporte à peine, la mère crie, freine, trop fort, le véhicule zigzague, le moteur cale. Reste dans la voiture, mon chéri, mon Dieu, reste bien dans la voiture. Blake n’obéit pas, il suit sa mère. C’est un  \ncolley au poil gris, le choc lui a défoncé le thorax, son sang s’écoule sur le bascôté, mais il n’est pas mort, il geint, on dirait la plainte d’un bébé . La mère court en tous sens, paniquée, elle pose ses mains sur les yeux de Blake, elle balbutie des mots sans suite, elle veut appeler une ambulance, Mais maman, c’est unclebs, c’est juste un clebs. Le colley halète sur le bitume fissuré, son corps brisé tordu adopte un angle bizarre, il est agité de soubresauts qui vont ens’affaiblissant, il agonise sous les yeux de Blake, et Blake regarde avec curiosité la vie quitter l’animal. C’est fini. Le garçon mime un peu la tristesse, enfin, ce qu’il imagine être la tristesse, pour ne pas troubler sa mère, mais il ne ressent rien. La mère reste là, glacée, devant le petit cadavre, Blake s’impatiente, il la tire par la manche, Maman, allez, ça sert à rien de rester là, il est mort, là, on y va, je vais être en retard au foot.  \nTuer, c’est aussi des compétences. Blake découvre qu’il a tout ce qu’il faut le jour où son oncle Charles l’emmène chasser. Trois coups, trois lièvres, une espèce de don. Il vise vite et juste, il sait s’adapter aux pires carabines pourries, aux fusils les plus mal réglés. Les filles le traînent dans les fêtes foraines, Eh, s’te plaît, je voudrais la girafe, l’éléphant, la Game Boy, oui, vas-y, encore ! et Blake distribue des peluches, des consoles de jeux, il devient la terreur des stands de tir, avant de décider de faire dans la discrétion. Blake aime bien aussice que lui apprend l’oncle Charles, égorger les chevreuils, dépecer les lapins. Qu’on se comprenne bien : il ne prend aucun plaisir à tuer, à achever l’animal blessé . Ce n’est pas un vicelard. Non, ce qui lui plaît, c’est le geste technique, la routine sans faille qui s’installe à force de répétitions.  \nBlake a vingt ans, et sous son nom très français, Lipowski, Farsati, ou Martin, il est inscrit dans une école hôtelière d’une petite ville des Alpes. Ce n’est pas un choix par défaut, attention, il aurait pu faire n’i","cbCaip3U6lroKv1l","https://ap.wps.com/l/cbCaip3U6lroKv1l","pdf",1692244,1,257,"French","fr",114,"# Origines et premiers gestes\n## La mort observée et l’absence de ressenti\n# Compétences et ritualisation\n## La chasse et la précision\n# Identités, routine et dilemmes\n## Vocation, service et justification","[{\"question\":\"Quel rôle joue le traumatisme de l’enfance dans le personnage de Blake ?\",\"answer\":\"Le choc lors de l’accident avec le chien déclenche une observation détachée de la vie qui s’éteint, sans émotion ressentie comme telle. 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