[{"data":1,"prerenderedAt":-1},["ShallowReactive",2],{"doc-detail-37677-fr":3,"doc-seo-37677-114":29},{"code":4,"msg":5,"data":6},0,"success",{"doc_id":7,"user_id":8,"nickname":9,"user_avatar":10,"doc_module":4,"category_id":11,"category_name":12,"doc_title":13,"doc_description":14,"doc_content":15,"file_id":16,"file_url":17,"file_type":18,"file_size":19,"view_count":4,"is_deleted":4,"is_public":20,"is_downloadable":20,"audit_status":20,"page_count":21,"language":22,"language_code":23,"site_id":24,"html_lang":23,"table_of_contents":25,"faqs":26,"seo_title":13,"seo_description":14,"update_tm":27,"read_time":28},37677,1099514068035,"Ezra","https://ap-avatar.wpscdn.com/davatar_276721f389ce27ea32af1340a28f341c",58,"Récits & Romans","La soif","Roman centré sur l’été et l’introspection d’une jeune femme de vingt ans en proie à une lassitude diffuse. Entre plages, nuits calmes et rituels solitaires, la narratrice perçoit un goût amer dans un bonheur apparemment banal. Le départ de son père et la grossesse de sa sœur renforcent l’isolement domestique. Sur un sentier près d’une villa, elle revoit Jedla, son amie d’autrefois, désormais mariée et revenue dans la région, ravivant mémoire, trouble intérieur et désir de comprendre ce qui s’est rompu.","IL A ETE TIRE DE CET OUVRAGE SUR PUR FIL LAFUMA DES PAPETERIES NAVARRE TRENTE EXEMPLAIRES NUMEROTES DE 1 A 30 PLUS QUELQUES EXEMPLAIRES D’AUTEUR LE TOUT CONSTITUANT L’EDITON ORIGINALE  \n1957, René Julliard, éditeur  \nIMPRIME EN FRANCE  \nASSIA DJEBAR  \nLA SOIF  \nRoman  \nPREMIERE PARTIE  \nCHAPITRE I  \nCet été-là , je retrouvai avec une indifférence morne, à la fois le soleil éclatant de M***, et les estivants habituels, agglutinés par paquets et par familles nombreuses, pour parader dans le bruit, la chaleur et la nudité . Trois mois par an, ils prenaient ainsi leur ration de bon temps.  \nQuant à moi, je ne faisais que sommeiller sur le sable chaud, le matin, et dans mon lit moite à l'heure des longues siestes. Il y avait bien les nuits fraîcheset claires, et le silence. Mais c'était plus fort que moi. Je trouvais je ne sais quel goût amer à ce mois de juillet, et à cette plage épanouie comme une femme.  \nJe n'aimais pourtant pas la tristesse, ni le vague à l'âme. Et je venais d'avoir vingt ans... Cette dernière année avait glissé comme les autres : le rythme léger des sorties en groupe dans les cinémas et les casinos d'Alger, les surprise-parties les dimanches pluvieux, les courses folles au vent dans des voitures nerveuses comme de jeunes chevaux racés. Maintenant, c'était le vide en moi. J'avais déjà connu de nombreux réveils brouillés par la fatigue douceâtre des lendemains defête ; pour avoir dissipé trop de nuits dans la gaieté facile, et le jazz, et les cigarettes, j'avais accueilli, la tête lourde et les membres las, des aubes grises,écœurantes. Le même marasme aujourd'hui, le même puits où je m'enfonçais, passive, dans un long bâillement.  \nMon père, que ses affaires et sa cure avaient appelé en France, m'avait quittée à regret. Il avait pris mon ennui pour du désespoir parce que, deux moisauparavant, j'avais rompu mes fiançailles, sans raison apparente. J'eus un sourire  \nindulgent. Il aurait pu voir que je n'avais ni les impatiences, ni les trépignements des chagrins d'amour — même pas les larmes. Mais je pardonnais tout à son aveuglement inquiet. Je ne recevais de tendresse que de lui, une tendressed'homme, chaude, qui me baignait comme une fièvre.  \nMyriem, la plus maternelle de mes sœurs à laquelle il m'avait confiée, étaitoccupée par sa nouvelle grossesse. Je n'aimais pas l'air absent, que prenait alors son beau visage. Ses enfants, deux garçons de cinq et deux ans, étaient bruyants, sans grâce. Je leur trouvais quelquefois une ressemblance avec leurpère dont je haïssais l'allure étriquée et le regard sournois. Heureusement, occupé par son travail à Alger, il ne rentrait que la nuit, tard. Je me sentais seuledans la maison profonde, dans ma fatigue.  \n*  \nCet été fut brûlant, étouffant même. Quand, vers le soir, l'air tendu jusque-là s'ouvrait aux parfums des eucalyptus de la forêt voisine, j'allais, au volant de ma voiture complice, m'alourdir du calme des chemins illuminés par les rayons sanglants du soleil couchant. J'aimais cet enivrement triste dans la sérénité du soir ; j'aimais ma solitude—et mon corps que je plongeais dans la mer plate, au creux d'une crique cachée, que des galets rouges rendaient plus sauvage. L'eau était, transparente et froide, comme ma jeunesse.  \nLes cheveux mouillés, les lèvres un peu salées, je rentrais : mon seul moment de bien-être, alors —j'allais dire : de paix, pour nommer cette lourdeur bienfaisante qui me rompait les membres et me lavait l'esprit. Mais je crains lagravité de ce mot. Non. C'était simplement l'harmonie du jour qui n'en finissait pas de mourir, dans la splendeur, avec la lenteur acre de ma vie.  \n*  \nMa vie était tranquille, superficielle, vide. Juste de quoi être cynique etdésabusée à vingt ans. Je réfléchissais ainsi, satisfaite seulement de ma lucidité, en rentrant d'une promenade solitaire. Même ma voiture, ces derniers temps, me fatiguait. La vitesse est un alcool qui lasse vite.  \nEn pantalon et en sandales, j'avais, ce jour-là, erré sur la route trop fréq","cbCailnmT7Jbxyi1","https://ap.wps.com/l/cbCailnmT7Jbxyi1","pdf",455633,1,106,"French","fr",114,"# Première partie\n## Chapitre I","[{\"question\":\"Quel est l’état d’esprit de la narratrice au début du chapitre ?\",\"answer\":\"La narratrice retrouve un été marqué par une indifférence morne. Elle sommeille, ressent une amertume et décrit un vide intérieur malgré la chaleur et la plage.\"},{\"question\":\"Comment la famille influence-t-elle la solitude de la narratrice ?\",\"answer\":\"Son père est en France, sa sœur Myriem est absorbée par sa nouvelle grossesse, et la maison paraît profonde et silencieuse. Les enfants de Myriem accentuent le décalage et le sentiment de solitude.\"},{\"question\":\"Que se passe-t-il lorsque la narratrice aperçoit Jedla ?\",\"answer\":\"En passant près d’une villa, elle voit Jedla surgir du jardin. 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