[{"data":1,"prerenderedAt":-1},["ShallowReactive",2],{"doc-detail-37684-fr":3,"doc-seo-37684-114":29},{"code":4,"msg":5,"data":6},0,"success",{"doc_id":7,"user_id":8,"nickname":9,"user_avatar":10,"doc_module":4,"category_id":11,"category_name":12,"doc_title":13,"doc_description":14,"doc_content":15,"file_id":16,"file_url":17,"file_type":18,"file_size":19,"view_count":4,"is_deleted":4,"is_public":20,"is_downloadable":20,"audit_status":20,"page_count":21,"language":22,"language_code":23,"site_id":24,"html_lang":23,"table_of_contents":25,"faqs":26,"seo_title":13,"seo_description":14,"update_tm":27,"read_time":28},37684,1099514068035,"Ezra","https://ap-avatar.wpscdn.com/davatar_276721f389ce27ea32af1340a28f341c",59,"Littérature","À la Recherche du Temps Perdu XI La Prisonnière (Première partie)","Extrait du volume XI de À la recherche du temps perdu, intitulé La Prisonnière, consacré à la première partie. Le récit s’ouvre sur la perception du temps qu’il fait dès le matin, à travers les bruits de la rue et les sensations intimement liées au sommeil. Une attention particulière est donnée à la vie commune avec Albertine à Paris, à l’organisation des espaces, aux gestes quotidiens et aux retentissements affectifs qui transforment la souffrance en douceur morale, dans un style introspectif et musical.","À la recherche du temps perdu (1923) La Prisonnière (première partie)  \nMarcel Proust  \nGallimard, Paris, 1946  \nExporté de Wikisource le 5 mars 2023  \nMARCEL PROUST  \nÀ LA RECHERCHE  \nDU TEMPS PERDU  \nXI  \nLA PRISONNIÈRE  \n*  \nnrf  \nGALLIMARD  \nLe texte dactylographié du présent ouvrage, qui forme letome V d’À la recherche du temps perdu, nous avait été remis par Marcel Proust peu de temps avant sa mort, lamaladie ne lui ayant pas laissé la force de corriger complètement ce texte, une révision très soigneuse sur lemanuscrit en fut entreprise après sa mort par le Dr Robert Proust et par Jacques Rivière. C’est le résultat de ce travail, où nous espérons qu’un minimum d’imperfections se laissera découvrir, que nous publions aujourd’hui.  \nL’ÉDITEUR  \n Chapitre premier : VIE COMMUNE AVEC ALBERTINE  \n Chapitre deuxième : LES VERDURIN SE BROUILLENT AVEC  \nM. DE CHARLUS  \n Chapitre troisième : DISPARITION D’ALBERTINE  \nD  \nCHAPITRE PREMIER Vie en commun avec Albertine  \nÈS le matin, la tête encore tournée contre le mur, et avant d’avoir vu, au-dessus des grands rideaux de la fenêtre, de quelle nuance était la raie du jour, je savais déjà le temps qu’il faisait. Les  \npremiers bruits de la rue me l’avaient appris, selon qu’ils me parvenaient amortis et déviés par l’humidité ou vibrantscomme des flèches dans l’aire résonnante et vide d’un matin spacieux, glacial et pur ; dès le roulement du premier tramway, j’avais entendu s’il était morfondu dans la pluie ou en partance pour l’azur. Et, peut-être, ces bruits avaientils été devancés eux-mêmes par quelque émanation plus rapide et plus pénétrante qui, glissée au travers de mon sommeil, y répandait une tristesse annonciatrice de la neige, ou y faisait entonner, à certain petit personnage intermittent, de si nombreux cantiques à la gloire du soleil que ceux-ci finissaient par amener pour moi, qui encore endormi commençais à sourire, et dont les paupières closes se  \npréparaient à être éblouies, un étourdissant réveil en musique. Ce fut, du reste, surtout de ma chambre que je perçus la vie extérieure pendant cette période. Je sais que Bloch raconta que, quand il venait me voir le soir, ilentendait comme le bruit d’une conversation ; comme mamère était à Combray et qu’il ne trouvait jamais personnedans ma chambre, il conclut que je parlais tout seul. Quand, beaucoup plus tard, il apprit qu’Albertine habitait alors avec moi, comprenant que je l’avais cachée à tout le monde, il déclara qu’il voyait enfin la raison pour laquelle, à cette époque de ma vie, je ne voulais jamais sortir. Il se trompa. Il était d’ailleurs fort excusable, car la réalité même, si elle est nécessaire, n’est pas complètement prévisible. Ceux qui apprennent sur la vie d’un autre quelque détail exact entirent aussitôt des conséquences qui ne le sont pas et voient dans le fait nouvellement découvert l’explication de choses qui précisément n’ont aucun rapport avec lui.  \nQuand je pense maintenant que mon amie était venue, à notre retour de Balbec, habiter à Paris sous le même toit que moi, qu’elle avait renoncé à l’idée d’aller faire unecroisière, qu’elle avait sa chambre à vingt pas de la mienne, au bout du couloir, dans le cabinet à tapisseries de mon père, et que chaque soir, fort tard, avant de me quitter, elle glissait dans ma bouche sa langue, comme un pain quotidien, comme un aliment nourrissant et ayant le caractère presque sacré de toute chair à qui les souffrances que nous avons endurées à cause d’elle ont fini par conférer une sorte de douceur morale, ce que j’évoque aussitôt par  \ncomparaison, ce n’est pas la nuit que le capitaine de Borodino me permit de passer au quartier, par une faveur qui ne guérissait en somme qu’un malaise éphémère, mais celle où mon père envoya maman dormir dans le petit lit à côté du mien. Tant la vie, si elle doit une fois de plus nousdélivrer d’une souffrance qui paraissait inévitable, le fait dans des conditions différentes, opposées parfois jusqu’au point qu’il y a presque sacrilèg","cbCaihWBeEXJ9J0m","https://ap.wps.com/l/cbCaihWBeEXJ9J0m","pdf",2945255,1,590,"French","fr",114,"# Vie en commun avec Albertine\n# Les Verdurin se brouillent avec M. de Charlus\n# Disparition d’Albertine","[{\"question\":\"Quel est le cadre du début de La Prisonnière dans cette première partie ?\",\"answer\":\"La narration démarre au matin, avant même d’avoir vu la raie du jour, avec la compréhension du temps qu’il fait grâce aux bruits de la rue et aux sensations liées au sommeil.\"},{\"question\":\"Comment la vie commune avec Albertine est-elle évoquée ?\",\"answer\":\"Albertine vit sous le même toit et la proximité de leurs chambres, au bout du couloir, structure le quotidien ; la présence de l’autre s’exprime aussi par les bruits, les déplacements et les routines tardives.\"},{\"question\":\"Quel rôle jouent les sensations et la musique dans la perception du temps ?\",\"answer\":\"Les bruits et l’éveil en musique transforment l’expérience du matin ; la lumière du soleil et les souvenirs associés produisent un passage du réel vers une intériorité nourrie par l’émotion.\"}]",1783072486,909,{"code":4,"msg":30,"data":31},"ok",{"site_id":24,"language":23,"slug":32,"title":13,"keywords":33,"description":14,"schema_data":34,"social_meta":85,"head_meta":87,"extra_data":89,"updated_unix":90},"in-search-of-lost-time-xi-the-captive-first-part","",{"@graph":35,"@context":84},[36,53,67],{"@type":37,"itemListElement":38},"BreadcrumbList",[39,43,47,50],{"item":40,"name":41,"@type":42,"position":20},"https://docshare.wps.com","Home","ListItem",{"item":44,"name":45,"@type":42,"position":46},"https://docshare.wps.com/fr/document/","Document",2,{"item":48,"name":12,"@type":42,"position":49},"https://docshare.wps.com/fr/document/littérature/",3,{"item":51,"name":13,"@type":42,"position":52},"https://docshare.wps.com/fr/document/in-search-of-lost-time-xi-the-captive-first-part/37684/",4,{"url":51,"name":13,"@type":54,"author":55,"headline":13,"publisher":57,"fileFormat":60,"inLanguage":23,"description":14,"dateModified":61,"datePublished":61,"encodingFormat":60,"isAccessibleForFree":62,"interactionStatistic":63},"DigitalDocument",{"name":9,"@type":56},"Person",{"url":40,"name":58,"@type":59},"DocShare","Organization","application/pdf","2026-07-03",true,{"@type":64,"interactionType":65,"userInteractionCount":4},"InteractionCounter",{"@type":66},"ViewAction",{"@type":68,"mainEntity":69},"FAQPage",[70,76,80],{"name":71,"@type":72,"acceptedAnswer":73},"Quel est le cadre du début de La Prisonnière dans cette première partie ?","Question",{"text":74,"@type":75},"La narration démarre au matin, avant même d’avoir vu la raie du jour, avec la compréhension du temps qu’il fait grâce aux bruits de la rue et aux sensations liées au sommeil.","Answer",{"name":77,"@type":72,"acceptedAnswer":78},"Comment la vie commune avec Albertine est-elle évoquée ?",{"text":79,"@type":75},"Albertine vit sous le même toit et la proximité de leurs chambres, au bout du couloir, structure le quotidien ; la présence de l’autre s’exprime aussi par les bruits, les déplacements et les routines tardives.",{"name":81,"@type":72,"acceptedAnswer":82},"Quel rôle jouent les sensations et la musique dans la perception du temps ?",{"text":83,"@type":75},"Les bruits et l’éveil en musique transforment l’expérience du matin ; la lumière du soleil et les souvenirs associés produisent un passage du réel vers une intériorité nourrie par l’émotion.","https://schema.org",{"og:url":51,"og:type":86,"og:title":13,"og:site_name":58,"og:description":14},"article",{"robots":88,"canonical":51},"index,follow",{"doc_id":7,"site_id":24},1783053756]