[{"data":1,"prerenderedAt":-1},["ShallowReactive",2],{"doc-detail-41348-fr":3,"doc-seo-41348-114":30,"detail-sidebar-cat-0-fr-114":83},{"code":4,"msg":5,"data":6},0,"success",{"doc_id":7,"user_id":8,"nickname":9,"user_avatar":10,"doc_module":4,"category_id":11,"category_name":12,"doc_title":13,"doc_description":14,"doc_content":15,"file_id":16,"file_url":17,"file_type":18,"file_size":19,"view_count":20,"is_deleted":4,"is_public":21,"is_downloadable":21,"audit_status":21,"page_count":22,"language":23,"language_code":24,"site_id":25,"html_lang":24,"table_of_contents":26,"faqs":27,"seo_title":13,"seo_description":14,"update_tm":28,"read_time":29},41348,5909877438554,"Maeve","https://ap-avatar.wpscdn.com/avatar/5600025385ad2bf12a7?_k=1778553567797529272",59,"Littérature","Histoire du pied et autres fantaisies","Histoire du pied et autres fantaisies explore la solitude et la douleur à travers le corps, en particulier l’expérience intime des pieds face au froid, au vent et à la mer. À partir d’images sensorielles intenses, le récit remonte à l’enfance d’Ujine, marquée par les pieds plats, les corrections orthopédiques et la contrainte du mouvement. La liberté arrive par la course, la danse et la plage bretonne, où la sensation redevient puissance, chaleur et souffle de l’horizon.","J.M.G. LE CLÉZIO  \nHISTOIRE DU PIEDet autres fantaisies  \nnouvelles  \n© Éditions Gallimard, 2011.  \nHISTOIRE DU PIED  \nUn  \nUne surface plane, molle, incurvée au centre, mais pas entièrement évidée.  \nRidée, un peu.  \nAu repos, allongée, ou bien debout, reposant à la verticale au soleil, non loin de la mer. Qu’est-ce qui fait se recroqueviller les cinq doigts de chaque pied, non pas vraiment se recroqueviller, tendus plutôt, arqués vers le haut,écartés, comme on dit en éventail. L’idée du froid, sans doute, la massemouvante de la mer qui déferle au bord de la plage, non pas le bruit de lamer (les pieds peuvent-ils entendre ?) mais le souffle du vent du large, le souffle venu des profondeurs de l’horizon et remontant la côte au moment de la marée, et glissant sur la jeune femme en bikini, hérissant chaque poille long des jambes, caressant la peau d’une main froide, le ventre au nombril orné d’un piercing vert, les seins dans le soutien-gorge aux bonnets triangulaires, jusqu’au visage renversé, abandonné, lui, complètement, les yeux révulsés derrière les paupières closes, les cheveux voltigeants’emmêlant jusqu’à cacher le visage, une mèche folle détachée des autres qui va et vient d’une joue à l’autre par-dessus le pont du nez entre les yeux.  \nMais le pied, lui, ne s’abandonne pas. Debout, face au vent et à la mer, comme s’il surveillait, comme s’il résistait. Contre quoi, contre qui ? Tousles muscles et tous les tendons sont prêts, bandés, non pas relâchés. Mollesse de la plante, apparente. À l’intérieur, les nerfs sont tirés, les osselets, les cartilages à leur place. Pas de repos. Pas de sommeil.  \nC’est une longue histoire. Cela a commencé vingt-six ans auparavant, quand Ujine est venue au monde. Encore tendre, comme flottant dans l’eau. La plante des pieds et la paume des mains toutes fripées, rougies. Les doigtstrès souples, que sa mère a comptés tout de suite pour être sûre qu’il n’en manquait pas, qu’il n’y en avait pas un de trop. Le gros orteil qu’Ujine suçait pour s’endormir, la jambe pliée jusqu’à son visage, les bras autour des cuisses, comme une sorte de nœud de chair rose, tiède et douce, trèschaude, vivante. C’était au temps longtemps. Maintenant, Ujine ne connaît plus le goût de son gros orteil, c’est devenu lointain, étranger. Différent. Tout juste un souvenir, celui de sa mère qui lui a dit un jour : « Turessemblais à Bala Râma, le frère de Krishna, en train de sucer son orteil assis sur sa feuille de lotus sur l’eau des rivières. » Maintenant sa mère n’est plus là . Son souvenir la renvoie à un temps qui n’existe pas. Cela s’appelle la solitude, sans doute.  \nPour savoir, elle a demandé à Marc, son petit ami, de prendre son grosorteil dans sa bouche. « Quel goût ça a ? » Marc est amoureux. Il aime les histoires étranges, les incartades à la banalité des jours. « Ça a le goût du lait », a-t-il dit, après réflexion, et ses yeux riaient. Il voulait goûter à toutes les parties de son corps, mais Ujine s’est rétractée. Elle a repris son orteil.« Espèce de pervers », a-t-elle dit. Mais elle n’a pas voulu expliquer pourquoi. « C’est toi qui me l’as demandé . » Ujine a mis la main sur sa bouche. « Embrassons-nous, c’est mieux ! » Cela s’appelle donc la solitude.Être seul comme un gros orteil. Bien sûr la compagnie des autres doigts, les deux pieds. Mais cela ne rend pas leur solitude moins pesante. Sans voir, sans parler. Si loin de la bouche. Si loin de l’âme.  \nLa terre. Le corridor interminable, carrelé en mosaïque noir et blanc, qui conduit à l’escalier de ciment. Du granito. Quelque chose qu’on ne fait plus depuis longtemps, importé d’Espagne, de minuscules dés de pierre de toutes les couleurs qu’on polit longuement à la meule électrique, jusqu’à faire cette surface lisse, froide, et les pieds nus alors se recroquevillent, formentdes arcs, marchent sur les côtés, sur les talons, pour fuir le contact avec cette pierre autrefois hérissée de pointes, que le poli n’a pas complètementabrasée.  \n« Mais tu marches com","cbCaicaprE4uY37H","https://ap.wps.com/l/cbCaicaprE4uY37H","pdf",1200796,4,1,219,"French","fr",114,"# Histoire du pied\n## Solitude et sensations au bord de la mer\n## Souvenirs d’enfance et corrections des pieds\n## Danse, douleur et apprentissage du mouvement\n## Course et liberté sur la plage","[{\"question\":\"Comment Ujine passe-t-elle de la douleur à une forme de liberté ?\",\"answer\":\"Après les corrections et la souffrance (danse, exercices, douleur dans les tendons), elle retrouve l’élan en courant, en bondissant et en dansant sur la plage, où le sol et le sable deviennent mouvement plutôt que contrainte.\"}]",1783322581,337,{"code":4,"msg":31,"data":32},"ok",{"site_id":25,"language":24,"slug":33,"title":13,"keywords":34,"description":14,"schema_data":35,"social_meta":78,"head_meta":80,"extra_data":82,"updated_unix":28},"histoire-du-pied-and-other-fantasies","",{"@graph":36,"@context":77},[37,53,68],{"@type":38,"itemListElement":39},"BreadcrumbList",[40,44,48,51],{"item":41,"name":42,"@type":43,"position":21},"https://docshare.wps.com","Home","ListItem",{"item":45,"name":46,"@type":43,"position":47},"https://docshare.wps.com/fr/document/","Document",2,{"item":49,"name":12,"@type":43,"position":50},"https://docshare.wps.com/fr/document/littérature/",3,{"item":52,"name":13,"@type":43,"position":20},"https://docshare.wps.com/fr/document/histoire-du-pied-and-other-fantasies/41348/",{"url":52,"name":13,"@type":54,"author":55,"headline":13,"publisher":57,"fileFormat":60,"inLanguage":24,"description":14,"dateModified":61,"datePublished":62,"encodingFormat":60,"isAccessibleForFree":63,"interactionStatistic":64},"DigitalDocument",{"name":9,"@type":56},"Person",{"url":41,"name":58,"@type":59},"DocShare","Organization","application/pdf","2026-07-18","2026-07-06",true,{"@type":65,"interactionType":66,"userInteractionCount":20},"InteractionCounter",{"@type":67},"ViewAction",{"@type":69,"mainEntity":70},"FAQPage",[71],{"name":72,"@type":73,"acceptedAnswer":74},"Comment Ujine passe-t-elle de la douleur à une forme de liberté ?","Question",{"text":75,"@type":76},"Après les corrections et la souffrance (danse, exercices, douleur dans les tendons), elle retrouve l’élan en courant, en bondissant et en dansant sur la plage, où le sol et le sable deviennent mouvement plutôt que contrainte.","Answer","https://schema.org",{"og:url":52,"og:type":79,"og:title":13,"og:site_name":58,"og:description":14},"article",{"robots":81,"canonical":52},"index,follow",{"doc_id":7,"site_id":25},{"code":4,"msg":5,"data":84},[85,90,95,98,101,103,107,111,115,119],{"id":86,"doc_module":4,"doc_module_name":46,"category_name":87,"show_sort_weight":88,"slug":89},67,"Général",61,"general",{"id":91,"doc_module":4,"doc_module_name":46,"category_name":92,"show_sort_weight":93,"slug":94},66,"Art de vivre",60,"lifestyle",{"id":88,"doc_module":4,"doc_module_name":46,"category_name":96,"show_sort_weight":93,"slug":97},"Bande dessinée","comic",{"id":93,"doc_module":4,"doc_module_name":46,"category_name":99,"show_sort_weight":93,"slug":100},"Examen","exam",{"id":11,"doc_module":4,"doc_module_name":46,"category_name":12,"show_sort_weight":93,"slug":102},"literature",{"id":104,"doc_module":4,"doc_module_name":46,"category_name":105,"show_sort_weight":93,"slug":106},64,"Recherche & Rapport","research-report",{"id":108,"doc_module":4,"doc_module_name":46,"category_name":109,"show_sort_weight":93,"slug":110},58,"Récits & Romans","story-novel",{"id":112,"doc_module":4,"doc_module_name":46,"category_name":113,"show_sort_weight":93,"slug":114},65,"Religion & Spiritualité","religion-spirituality",{"id":116,"doc_module":4,"doc_module_name":46,"category_name":117,"show_sort_weight":93,"slug":118},63,"Santé & Soins","healthcare",{"id":120,"doc_module":4,"doc_module_name":46,"category_name":121,"show_sort_weight":93,"slug":122},62,"Technologie","technology"]