[{"data":1,"prerenderedAt":-1},["ShallowReactive",2],{"doc-detail-41174-fr":3,"doc-seo-41174-114":30,"detail-sidebar-cat-0-fr-114":92},{"code":4,"msg":5,"data":6},0,"success",{"doc_id":7,"user_id":8,"nickname":9,"user_avatar":10,"doc_module":4,"category_id":11,"category_name":12,"doc_title":13,"doc_description":14,"doc_content":15,"file_id":16,"file_url":17,"file_type":18,"file_size":19,"view_count":20,"is_deleted":4,"is_public":21,"is_downloadable":21,"audit_status":21,"page_count":22,"language":23,"language_code":24,"site_id":25,"html_lang":24,"table_of_contents":26,"faqs":27,"seo_title":13,"seo_description":14,"update_tm":28,"read_time":29},41174,549758252649,"Ivy","https://ap-avatar.wpscdn.com/avatar/8000253669c5317157?_k=1778319167496531819",58,"Récits & Romans","Georges Bernanos Un crime","Un crime de Georges Bernanos s’inscrit dans une atmosphère religieuse et rurale où la peur, le malaise et les présages transforment une simple scène de veille en tension tragique. Dans la première partie, des conversations entre une vieille gardienne et une servante laissent affleurer des inquiétudes autour de la nuit, du vent, du froid, et surtout de la mort d’un curé. Les gestes, les objets laissés en place et les rumeurs sur le nouveau prêtre installent une inquiétude grandissante, annonçant un drame moral et spirituel.","Georges Bernanos  \nUn crime  \nBeQ  \nGeorges Bernanos  \nUn crime  \nroman  \nLa Bibliothèque électronique du Québec  \nCollection Classiques du 20e siècle Volume 67 : version 1.0  \nDu même auteur, à la Bibliothèque :  \nNouvelle histoire de Mouchette L’imposture Lajoie  \nUn crime  \nÉdition de référence : Le Livre de poche.  \nPremière partie  \nI  \n– Qui va là ? C’est toi, Phémie ?  \nMais il était peu probable que la sonneuse vînt sitard au presbytère. Sous la fenêtre, le regard anxieux dela vieille bonne ne pouvait guère voir plus loin que le premier tournant de l’allée ; le petit jardin se perdait audelà, dans les ténèbres.  \n– C’est-i vous, Phémie ! reprit-elle sans conviction, d’une voix maintenant tout à fait tremblante.  \nElle n’osait plus fermer la fenêtre, et pourtant lesourd roulement du vent au fond de la valléegrandissant de minute en minute comme chaque soir, nes’apaiserait qu’avec les premiers brouillards de l’aube. Mais elle redoutait plus que la nuit l’odeur fade de cette maison solitaire pleine des souvenirs d’un mort. Un long moment, ses deux mains restèrent crispées sur lemontant de la fenêtre ; elle dut faire effort pour les desserrer. Comme ses doigts s’attardaient encore sur l’espagnolette, elle poussa un cri de terreur.  \n– Dieu ! que vous m’avez fait crainte. Par où que vous êtes montée, sans plus de bruit qu’une belette,  \nmams’elle Phémie ? La fille répondit en riant :  \n– Ben, par le lavoir, donc. Drôle de gardienne que vous faites, sans reproche, mademoiselle Céleste ! On entre ici comme dans le moulin du père Anselme, parole d’honneur.  \nSans attendre la réponse, elle prit une tasse sur l’étagère et se mit tranquillement en demeure de laremplir de genièvre.  \n– Vous allez tout de même pas me boire ma goutte ?  \n– On voit bien que vous restez là au chaud, mademoiselle Céleste. Le vent vient de tourner du côté des Trois-Évêques. Il m’a autant dire cinglé les os. Y a pas de fichu qui tienne là contre !  \nElle s’essuya les lèvres à son tablier, cracha poliment dans les cendres, et reprit d’un ton où la vieille femme méfiante crut sentir un léger malaise, dont elle ne s’expliqua pas d’abord la cause :  \n– Vaudrait mieux vous coucher, mademoiselle Céleste, votre curé est depuis longtemps sous ses draps, vous pouvez me croire. Pensez ! La moto du messagervient d’arriver chez Merle. Paraît que la brume descendait derrière lui presque aussi vite... Il ne passera plus une voiture d’ici demain par les cols.  \n– Savoir, ma petite. Un jeune curé, sa première paroisse, voyez-vous, y a pas plus simple, plus naïf. Avec ça, ces gens de Grenoble, ils ne connaissent rien à nos montagnes. Écoutez...  \nLe ciel venait de vibrer d’un seul coup, presque sans bruit, du moins perceptible à l’oreille, et pourtant laterre parut en frémir jusque dans ses profondeurs, comme du battant d’une énorme cloche de bronze.  \n– Le vent vient de tourner encore un peu plus au nord, ma fine. Le voilà qui passe entre les Aiguilles Noires. Nous aurons du froid.  \nElle remplit sa tasse, la choqua contre celle de Phémie et, de sa voix toujours un peu sifflante, elle reprit entre ses dents noires :  \n– Ça ne présage rien de bon.  \n– Tiens, mademoiselle Céleste, voilà que vous fumez la pipe à ct’heure ?  \n– Touchez pas ! dit la vieille.  \nSes deux mains maigres et brunies, couleur dechanvre, aussi agiles que des mains de singe, volèrent à travers la table, et elle rapprocha d’elle l’assiette à fleurs, la tint si serrée contre sa poitrine que les plis de son caraco la recouvrirent presque tout entière.  \n– Qu’est-ce qui vous prend ? C’est-i donc sacré, une  \npipe ?  \n– C’était la sienne, dit la servante. Il l’a posée là, telle quelle, deux heures avant de finir, juste. Vous allez me croire folle, mams’elle Phémie, mais j’ai pas osé la toucher depuis. Tenez : elle est encore toute bourrée. 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